Le troisième jour du Festival de Cannes 2026 marque la première grande émotion cinématographique de l’édition. Après l’ouverture officielle du jury par Park Chan-wook hier, c’est aujourd’hui Asghar Farhadi qui frappe fort en compétition avec Histoires parallèles et provoque une standing ovation de plus de huit minutes dans la salle Debussy. À ses côtés, la jeune Hannah Einbinder (révélée par Hacks) rayonne sur la Croisette, tandis que le pilote monégasque Charles Leclerc foule les marches main dans la main avec Alexandra.

11:00 — RÉVÉLATION HOLLYWOODIENNE
Hannah Einbinder, nouvelle figure de la Croisette
L’actrice américaine, révélée par la série Hacks de HBO Max où elle donne la réplique à Jean Smart, a multiplié les apparitions remarquées entre photocall, conférence de presse et déjeuner officiel au Carlton. Sa présence à Cannes coïncide avec une période où les comédiennes nord-américaines investissent à nouveau le festival, longtemps centré sur les auteurs européens. Hannah Einbinder y représente la dynamique d’une nouvelle génération qui circule librement entre séries premium et cinéma indépendant.
L’actrice y présente The Stand-In, premier film de la cinéaste Eliza Hittman en compétition à Un certain regard, dans lequel elle incarne une jeune scénariste tiraillée entre Los Angeles et New York. Côté looks, elle a opté pour des tenues signées Loewe par Jonathan Anderson en journée, et une robe vintage Bob Mackie pour la soirée du jeudi soir — un clin d’œil assumé à la grande tradition glamour hollywoodienne.
18:45 — COMPÉTITION OFFICIELLE
« Histoires parallèles » d’Asghar Farhadi : ovation de huit minutes
Le double oscarisé iranien revient sur la Croisette pour la première fois depuis 2018 (Tous les autres s’appellent Ali, hors compétition). Récit choral sur l’Iran contemporain porté par Isabelle Huppert, Vincent Cassel et Catherine Deneuve, le film a déclenché une standing ovation de plus de huit minutes en clôture de séance. La salle Debussy, surchauffée, applaudit aussi bien la maestria narrative du cinéaste que la performance d’Isabelle Huppert, dans un rôle dont les critiques disent déjà qu’il pourrait lui ouvrir la voie d’un nouveau prix d’interprétation.
Histoires parallèles entrelace trois récits d’exil et de retour, du Téhéran d’aujourd’hui à la périphérie parisienne en passant par les hauteurs d’Ispahan. Farhadi y confirme son sens implacable du récit moral, sans jamais sacrifier la subtilité psychologique au discours politique. Le film s’impose comme l’un des grands favoris de la Palme d’or 2026, ce qui marquerait pour Farhadi un retour cannois retentissant après Le Client (Prix du scénario en 2016) et À propos d’Elly (Berlinale 2009).
« Le pouvoir du cinéma, c’est précisément de raconter les histoires que les frontières ne peuvent pas contenir. Faire un film n’est jamais un acte solitaire : c’est une conversation avec son temps. »
Asghar Farhadi, à propos d’« Histoires parallèles »
La critique mondiale réagit dans la foulée. The Hollywood Reporter parle d’un « tour de force humaniste » ; Variety souligne « la précision chirurgicale » de Farhadi et la « performance d’une vie » d’Isabelle Huppert ; Cahiers du Cinéma évoque « le retour d’un grand maître au sommet de son art ». Côté pronostics, les bookmakers placent désormais le film en tête de la course à la Palme, devant le futur Autofiction de Pedro Almodóvar.

20:30 — TAPIS ROUGE
Charles Leclerc et Alexandra enflamment la Croisette
Le pilote monégasque de Formule 1 et sa compagne Alexandra Saint Mleux ont enflammé la Croisette, témoignage du pont permanent entre les univers du cinéma, du sport et du luxe sur la Côte d’Azur. Photographiés main dans la main, ils ont accordé quelques mots aux médias présents. Charles Leclerc, lui-même grandi entre Monaco et Maranello, a évoqué « l’émotion particulière » de fouler les marches cannoises à quelques kilomètres de l’endroit où, chaque année, se déroule le Grand Prix de Monaco.

Côté style, Charles Leclerc porte un smoking sur-mesure Giorgio Armani Privé, fidèle à un partenariat ancien entre le pilote Ferrari et la maison italienne. Alexandra mise sur une robe Schiaparelli haute couture, en soie ivoire brodée, tenue qui a immédiatement enflammé Instagram avec plus de 4 millions de likes en moins de deux heures. Le couple, qui fait régulièrement la une de la presse people internationale, illustre cette singularité cannoise : le festival sait accueillir non seulement les visages du cinéma, mais aussi ceux du sport et du luxe, dont les codes esthétiques rejoignent ceux de la Croisette le temps d’une saison.
Plus tôt dans la soirée, Cate Blanchett, Lupita Nyong’o, Florence Pugh et Alia Bhatt ont également foulé les marches dans un mouvement collectif coordonné de soutien à une cause humanitaire — initiative lancée par Cate Blanchett en partenariat avec le HCR. Alia Bhatt, ambassadrice mondiale Gucci, a immédiatement attiré les flashs avec une robe sur-mesure brodée à la main, fidèle à son partenariat de longue date avec la maison italienne.


BILAN DU JOUR
Le pivot émotionnel de la 79ᵉ édition
Le 14 mai restera comme le pivot émotionnel du festival 2026 : Asghar Farhadi prend une avance considérable dans la course à la Palme, une nouvelle génération hollywoodienne s’impose avec Hannah Einbinder, et le tapis rouge confirme son rôle de baromètre mondial du glamour avec Charles Leclerc et Alexandra. Demain, place à Pedro Almodóvar et à son très attendu 25ᵉ long-métrage, Autofiction.
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Photographies sous licence Creative Commons (Wikimedia Commons). Article publié le 14 mai 2026.