Au lendemain de la cérémonie d’ouverture du 79ᵉ Festival de Cannes, l’édition 2026 entre dans le vif du sujet. Ce mercredi 13 mai voit se succéder trois temps forts qui composent à eux seuls l’ADN du festival : l’ouverture de la Quinzaine des cinéastes, le photocall officiel du jury présidé par Park Chan-wook, et l’une des plus belles montées des marches de l’édition avec Gillian Anderson et Joan Collins. Un triptyque qui résume la double identité cannoise : laboratoire d’auteur et écrin glamour.

10:00 — SÉLECTION PARALLÈLE
La Quinzaine des cinéastes ouvre avec « Butterfly Jam » de Kantemir Balagov
La Quinzaine des cinéastes inaugure son cru 2026 avec Butterfly Jam de Kantemir Balagov. Premier film du cinéaste russe depuis Une grande femme (Un certain regard 2019), il confirme la vitalité d’une section qui s’impose désormais comme un baromètre de la nouvelle scène internationale. Le récit, situé entre Moscou et le Caucase, mêle drame familial et fresque générationnelle, dans un style âpre et photographiquement somptueux dont Balagov a fait sa signature.
La sélection 2026 de la Quinzaine se distingue par sa diversité géographique : on y trouve des premiers films chinois (Bi Gan, Diao Yinan), sud-américains (Iván Fund, Lila Avilés), est-européens (Radu Jude) et africains (Mati Diop). Signe que la sélection officielle n’est plus la seule porte d’entrée vers le grand public cannois, et que les Frères Lumière n’auraient pas désavoué cette quête perpétuelle de territoires cinématographiques inédits.

À noter également l’ouverture en parallèle de la Semaine de la critique, qui propose cette année sept premiers et seconds films dont Le Sel des larmes du Français Lucas Belvaux Jr (fils du réalisateur). Une cuvée prometteuse pour la jeune génération.
15:30 — JURY 2026
Photocall officiel du jury présidé par Park Chan-wook
Park Chan-wook et ses huit jurés posent pour le traditionnel photocall officiel : Demi Moore (États-Unis), Ruth Negga (Irlande / Éthiopie), Laura Wandel (Belgique), Chloé Zhao (Chine / États-Unis, Oscar 2021 du meilleur réalisateur), Diego Céspedes (Chili), Isaach De Bankolé (Côte d’Ivoire / France), Paul Laverty (scénariste habituel de Ken Loach) et Stellan Skarsgård (Suède). Une composition cosmopolite réunissant grands auteurs, cinéastes émergents et figures hollywoodiennes.


Avec ce jury, Park Chan-wook réunit à dessein des sensibilités différentes : trois actrices très exposées médiatiquement (Demi Moore, Ruth Negga, Chloé Zhao avant qu’elle ne passe à la réalisation), un quatuor de cinéastes-auteurs (Wandel, Céspedes, Laverty, Skarsgård) et un comédien-cinéaste vétéran (Isaach De Bankolé, vu chez Jim Jarmusch). Le tableau d’un cinéma qui parle à la fois aux publics et aux critiques.


« Cannes reste l’un des rares endroits au monde où l’on peut encore croire que le cinéma compte autant que la vie. C’est une responsabilité, mais aussi une joie immense. »
Demi Moore, membre du jury 2026
Pour Park Chan-wook, qui avait remporté le Grand Prix avec Old Boy en 2004 puis le Prix du jury avec Decision to Leave en 2022, présider le jury cannois est un retour symbolique sur le lieu qui l’a fait connaître. Le cinéaste sud-coréen, fidèle à son habitude, est venu accompagné de son équipe créative habituelle : son directeur de la photographie Kim Woo-hyung et son monteur Kim Sang-bum.


19:00 — TAPIS ROUGE
Gillian Anderson et Joan Collins : deux générations d’icônes britanniques
Sur le tapis rouge, deux générations d’icônes britanniques se côtoient. Gillian Anderson, en robe couture sculpturale, et Joan Collins, élégance intemporelle, signent l’une des plus belles montées des marches du festival jusqu’ici. Une rencontre rare qui s’inscrit dans la tradition cannoise d’incarner aussi bien le glamour contemporain que la mémoire vivante du cinéma international.

Côté looks, Gillian Anderson porte une robe sur-mesure signée Schiaparelli par Daniel Roseberry, à l’architecture quasi gothique. Joan Collins, à 92 ans, choisit la sobriété d’un fourreau noir Valentino Couture rehaussé d’une parure de diamants Boucheron. Deux choix esthétiques radicaux qui dialoguent : la modernité provocatrice et le classicisme intemporel. Les deux comédiennes ont posé ensemble plusieurs minutes pour les photographes, salutation rare entre deux générations qui partagent le même refus du conformisme.
Au-delà de la mise en scène vestimentaire, cette double présence rappelle que Cannes demeure le seul lieu au monde où les époques du cinéma s’entrelacent en direct. Pour mémoire, Joan Collins avait foulé pour la première fois ces mêmes marches en 1955 (Land of the Pharaohs) ; Gillian Anderson y est venue présenter The House of Mirth en 2000.
D’autres personnalités ont marqué cette montée des marches du 13 mai : Pierre Niney, en partenariat avec Cartier, Léa Seydoux en pause de tournage, Vincent Lindon et Mads Mikkelsen, tous présents en soutien aux premiers films de la compétition.
BILAN DU JOUR
Cannes 2026 entre dans sa pleine puissance
Le 13 mai pose les premières fondations narratives de l’édition : Park Chan-wook a fixé l’orientation de son jury par sa simple composition ; la Quinzaine ouvre avec un film à fort potentiel critique ; et le tapis rouge rappelle, par Gillian Anderson et Joan Collins, que le festival demeure le rendez-vous le plus puissant au monde en termes de mémoire vivante du cinéma. Place dès demain (14 mai) à la première grande projection en compétition.
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Photographies sous licence Creative Commons (Wikimedia Commons). Article publié le 13 mai 2026.