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LVMH étudie la cession de Marc Jacobs et Fenty : trois milliards pour recentrer le portefeuille

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Le siège de Louis Vuitton, marque phare du groupe LVMH, à Paris
Le siège de Louis Vuitton à Paris. Photo : Ank Kumar / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).
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Par Raphael Simon · jeudi 7 mai 2026

Bernard Arnault s’apprête-t-il à recentrer son empire ? Selon des informations rapportées par le Financial Times début mai, LVMH étudie la cession de plusieurs marques jugées peu stratégiques au sein de son portefeuille de plus de 75 maisons. Marc Jacobs, Fenty Beauty et le domaine Joseph Phelps Vineyards seraient en première ligne d’un mouvement qui rompt avec la doctrine d’agrégation patiente qui a fait l’identité du groupe depuis trois décennies.

Marc Jacobs, Fenty et Joseph Phelps en première ligne

Marc Jacobs serait la marque la plus avancée dans le processus. Selon plusieurs sources concordantes, des négociations avec Authentic Brands Group, conglomérat américain spécialisé dans le rachat de marques, sont allées jusqu’à un montant proche d’un milliard de dollars avant d’achouer en début d’année. LVMH continuerait néanmoins à explorer d’autres acquéreurs potentiels.

Pour Fenty Beauty, dont LVMH détient une participation aux côtés de la chanteuse Rihanna, la cession de la part du groupe est également étudiée. Joseph Phelps Vineyards, racheté par Moët Hennessy en 2022, ne s’inscrirait pas dans la stratégie globale d’élévation gastronomique du pôle Vins & Spiritueux et fait partie des cessions envisagées. LVMH s’est par ailleurs déjà séparé d’Off-White en 2024 et de sa participation de 49 % dans Stella McCartney au cours des dix-huit derniers mois.

Trois milliards d’euros pour réinvestir dans la mode

Le scénario circulant à Paris parle d’une enveloppe d’au moins trois milliards d’euros à dégager via ces cessions, immédiatement réallouée vers la division Mode & Maroquinerie. Cette dernière, qui regroupe Louis Vuitton, Christian Dior et Loewe, reste de loin le moteur de profitabilité du groupe et le terrain où la concurrence d’Hermès, Chanel ou désormais d’un Kering revigoré exigera des investissements accrus en distribution, en savoir-faire et en marketing.

« Le groupe passe clairement son portefeuille au crible pour identifier ce qui pèse sur ses performances », résume l’analyste Luca Solca, qui suit le secteur depuis Bernstein. La décision intervient alors que LVMH a publié au premier trimestre 2026 un chiffre d’affaires de 19,1 milliards d’euros, en repli de 6 % sur un an, et que l’action a perdu près de 12 % en trois mois.

Une rupture avec la tradition Arnault

Le geste, s’il se confirme, marquera une inflexion notable. Bernard Arnault a bâti LVMH sur la patience : intégrer une maison, lui donner les moyens, attendre dix ou vingt ans avant d’en mesurer la rentabilité. Céder volontairement plusieurs marques en dehors de toute pression réglementaire constitue donc une rupture avec cette doctrine. Plusieurs commentateurs y lisent l’influence croissante d’Antoine Arnault et de la nouvelle génération à la tête du groupe, plus alignée sur les standards de discipline de capital qu’imposent les marchés financiers à un groupe dont la capitalisation a fondu de plus de 250 milliards d’euros depuis ses sommets de 2023.

Un mouvement plus large dans le secteur

LVMH n’est pas seul à rationaliser. Kering, sous la houlette de Luca de Meo, a annoncé en avril vouloir réduire d’un tiers le parc de boutiques de Gucci et fermer 20 % de ses surfaces de vente d’ici 2030 pour doubler la productivité au mètre carré. Burberry a annoncé une réorganisation profonde de son équipe créative. Richemont a cédé YNAP. Le luxe coté entre dans un cycle où la qualité du capital investi prime à nouveau sur la course à la taille — un retour à la discipline que les investisseurs réclamaient depuis 2024.

Pour LVMH, l’enjeu est désormais d’exécuter ce recentrage sans donner l’impression d’une fragilité stratégique. Le marché jugera dès la publication des résultats semestriels, attendue fin juillet, dans quelle mesure ce ménage permet de stabiliser la marge et de retrouver le chemin d’une croissance organique à un chiffre — point de départ implicite du scénario de redressement esquissé par UBS.

Sources

LVMH préparerait un recentrage inédit de son portefeuille — Boursorama

LVMH explorerait la cession de plusieurs marques — FashionNetwork

Une rupture avec la tradition pour Arnault — La Libre

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