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Kering : Luca de Meo prend les commandes, François-Henri Pinault président

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Tournant majeur pour le luxe européen : Luca de Meo, ex-CEO de Renault et de Fiat, a été confirmé par les actionnaires de Kering comme nouveau directeur général du groupe. François-Henri Pinault, à la tête du conglomérat depuis 2005, conserve la présidence du conseil d’administration mais se retire de la direction exécutive. Une transition stratégique qui doit permettre au groupe de retrouver le chemin de la croissance après deux années difficiles, marquées par la chute des ventes de Gucci et le ralentissement du marché chinois.

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De Renault au luxe : un profil inattendu pour Kering

Luca de Meo n’est pas un nom familier du secteur du luxe. L’Italien de 58 ans s’est imposé en orchestrant deux redressements spectaculaires : Fiat entre 2014 et 2019, puis Renault entre 2020 et 2026, où il a remis sur les rails un constructeur en grande difficulté financière et identitaire. Sa méthode : une exécution opérationnelle nette, une rigueur sur les coûts et une réinvention produit centrée sur le branding fort.

Le choix de François-Henri Pinault de confier les rênes à un profil industriel, plutôt qu’à un cadre du luxe, traduit la conviction que le groupe a besoin avant tout d’un opérateur. Kering ne souffre pas d’un déficit créatif (Demna chez Gucci, Sabato De Sarno chez Valentino, Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga) mais d’une exécution commerciale et industrielle erratique, particulièrement chez Gucci.

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Mission immédiate : redresser Gucci

Le défi des ventes en chute libre

Gucci représente près de la moitié du résultat opérationnel de Kering. Or les ventes de la maison italienne ont chuté de plus de 20 % en 2025 et continuent de décliner au T1 2026. La pression sur Luca de Meo est immédiate : prouver d’ici fin 2026 que la combinaison « nouvelle direction artistique Demna + exécution industrielle renouvelée » peut renverser la tendance.

Le pari Demna

Le défilé de Demna en mars dernier à Milan a été plutôt bien reçu, Bernstein a d’ailleurs retiré sa recommandation de vente sur le titre Kering, soulignant que le marché commence à intégrer un scenario de redressement de Gucci. Mais la commercialisation des collections reste à venir. Le test sera grandeur nature à partir de l’automne 2026, quand les premières pièces Demna arriveront en boutiques.

Au-delà de Gucci : la rationalisation du portefeuille

Luca de Meo hérite d’un groupe à neuf maisons (Gucci, Saint Laurent, Bottega Veneta, Balenciaga, Alexander McQueen, Brioni, Valentino, Boucheron, Pomellato, Qeelin, Ulysse Nardin, Girard-Perregaux). Plusieurs de ces actifs sous-performent depuis plusieurs trimestres. Le marché s’attend à des arbitrages : cessions ciblées, fusion de plateformes industrielles, possibilité de spin-off pour certaines maisons. La stratégie sera dévoilée lors d’un investor day prévu à l’automne 2026.

Une transition emblématique pour le luxe européen

Le recrutement de Luca de Meo cristallise une tendance plus large : les grands groupes de luxe recrutent de plus en plus de profils issus de l’industrie automobile ou tech, plutôt que des spécialistes traditionnels du retail. Logique de scale, complexité industrielle, transformation digitale : le luxe ressemble désormais à n’importe quelle grande industrie B2C, où l’exécution opérationnelle prime sur l’intuition de mode. Une mutation que Kering espère transformer en avantage compétitif.

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