Aile repliable et dérive du premier Boeing 777-9 lors de sa présentation à Everett, base du jet privé BBJ 777-9
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Les jets privés les plus chers du monde : le classement 2026

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Le jet privé le plus cher du monde au catalogue est le Boeing BBJ 777-9, affiché autour de 450 millions de dollars avant même le moindre aménagement intérieur. Dans les hangars, le record appartient au Boeing 747-8 offert par le Qatar aux États-Unis, dont la valeur de remplacement est estimée à 400 millions de dollars et qui vole comme avion présidentiel depuis juillet 2026. Loin derrière ces avions de ligne transformés en palais, les plus grands jets d’affaires, Bombardier Global 8000 et Gulfstream G700 en tête, se négocient autour de 78 millions de dollars. Voici le classement 2026, en deux parties : les appareils neufs les plus chers que l’on puisse commander, puis les jets les plus coûteux possédés par des États, des milliardaires et des stars, avec pour chacun la part du chiffre officiel et celle de la rumeur.

L’essentiel

  • Le Boeing BBJ 777-9 est le jet privé le plus cher au catalogue : environ 453,6 millions de dollars « nu », près de 100 millions de plus une fois aménagé. Aucun exemplaire n’est encore livré.
  • Le plus cher en service est le Boeing 747-8 donné par le Qatar aux États-Unis, estimé à 400 millions de dollars, avion présidentiel depuis le 1er juillet 2026.
  • Parmi les « vrais » jets d’affaires, Bombardier annonce 78 millions de dollars pour son Global 8000, au niveau du Gulfstream G700 ; le Falcon 10X de Dassault a été lancé à 75 millions.
  • À l’usage, un grand jet d’affaires coûte de 4 800 à 6 900 dollars par heure de vol en frais variables, plus 1 à 1,4 million de dollars de frais fixes par an, équipage compris.

Boeing BBJ 777-9, le palais à 450 millions

Version VIP du plus grand biréacteur de Boeing, le BBJ 777-9 est le jet privé le plus cher qu’un client puisse commander : 453,6 millions de dollars, chiffre de référence depuis son lancement au salon de Dubaï en décembre 2018 (442,8 millions pour le BBJ 777-8, plus court). Boeing ne publie pas de tarif officiel pour ses versions VIP, et ce prix s’entend pour un avion « vert », livré sans cabine.

La fiche technique du constructeur donne la mesure du monstre : 342,7 m² de cabine, 11 025 milles nautiques (20 420 km) d’autonomie, de quoi relier sans escale n’importe quelle paire de villes du globe. L’aménagement, confié à des spécialistes comme Jet Aviation, ajouterait de l’ordre de 100 millions de dollars à la facture.

Nuance de taille : la certification du 777X a pris des années de retard et Boeing ne prévoit pas de livrer le premier 777-9 avant 2027. En septembre 2026, aucun BBJ 777X ne vole encore pour un client privé.

Airbus ACJ350, 22 heures sans escale

Réponse d’Airbus au BBJ 777X, l’ACJ350 dérive de l’A350-900. Airbus a cessé de publier ses tarifs après 2018 : cette année-là, sa grille officielle affichait l’A350-900 à 317,4 millions de dollars et l’A350-1000 à 366,5 millions, prix catalogue d’avions de ligne sur lesquels se greffe ensuite la cabine VIP.

Selon Airbus Corporate Jets, l’appareil franchit 11 100 milles nautiques (20 550 km) avec 25 passagers, soit jusqu’à 22 heures de vol d’une traite, dans une cabine de 270 m². C’est l’un des rares jets capables de relier l’Europe à l’Australie sans escale.

Boeing BBJ 787, le Dreamliner en suite privée

Plus diffusé que le 777X, le BBJ 787 comptait treize exemplaires livrés à l’été 2025. En 2019, un client anonyme a commandé deux BBJ 787-9 pour 564 millions de dollars au prix catalogue, soit 282 millions l’unité, hors aménagement.

Boeing annonce pour le 787-9 une cabine de 249,7 m² et 9 475 milles nautiques (17 550 km) d’autonomie avec 25 passagers. La cabine est pressurisée à 6 000 pieds au maximum, un atout contre la fatigue des très longs vols. Le 787-8, plus court, pousse l’autonomie à 9 960 milles nautiques.

Global 8000 et Gulfstream G700 à 78 millions

Chez les jets d’affaires conçus comme tels, le sommet se joue à 78 millions de dollars. C’est le prix catalogue annoncé par Bombardier au lancement de son Global 8000, entré en service en décembre 2025 : 8 000 milles nautiques (14 816 km) d’autonomie, une vitesse maximale de Mach 0,95 qui en fait, selon Bombardier, le jet d’affaires le plus rapide du monde, quatre espaces de vie et une altitude cabine de 2 691 pieds seulement à 41 000 pieds.

En face, le Gulfstream G700, certifié en 2024, s’affiche autour de 78 millions de dollars. Sa cabine de 17,35 m, la plus longue de la gamme, accueille jusqu’à cinq espaces de vie et vingt hublots panoramiques ; il franchit 7 750 milles nautiques. Son cadet, le G800, plus court mais plus endurant (8 200 milles nautiques, la plus longue autonomie de la gamme), a été lancé autour de 72 millions de dollars.

Ces prix de base ne sont qu’un point de départ : options, avionique et aménagement sur mesure ajoutent couramment plusieurs millions à la facture finale.

Le jet d'affaires Gulfstream G700 exposé au salon NBAA-BACE d'Orlando en 2022
ZLEA / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Dassault Falcon 10X, le fleuron français

Lancé en mai 2021 au prix de 75 millions de dollars, le Falcon 10X est le jet le plus ambitieux de Dassault Aviation. Il a effectué son premier vol le 19 juin 2026 à Bordeaux-Mérignac : 2 heures 30 en l’air, jusqu’à 40 000 pieds, propulsé par deux Rolls-Royce Pearl 10X.

Son argument est l’espace : 2,77 m de large et 2,03 m de haut, la plus grande section de cabine de l’aviation d’affaires, pour 7 500 milles nautiques (13 890 km) d’autonomie. Il vise directement le G800 et le Global 8000.

Le 747-8 du Qatar, Air Force One à 400 millions

Livré neuf en avril 2012 au Qatar Amiri Flight dans une version d’affaires du 747-8, cet appareil a longtemps transporté la famille régnante qatarie. En mai 2025, les États-Unis l’ont accepté en don, ce qui en fait l’un des plus gros cadeaux étrangers jamais reçus par Washington.

Sa valeur de remplacement est estimée à environ 400 millions de dollars, prix d’un 747-8 neuf ; des évaluations de marché plus prudentes le situent plutôt entre 100 et 125 millions, compte tenu de son âge. Transformé au Texas par L3Harris, il a effectué son premier vol présidentiel le 1er juillet 2026. Le coût exact de cette mise aux normes, qui aurait largement dépassé le prix de l’avion, n’a pas été confirmé officiellement.

Le Boeing 747-8 offert par le Qatar, aux couleurs d'Air Force One, en approche à Los Angeles en 2026
Liam Thompson / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Le Boeing 787 de Roman Abramovitch

C’est l’un des rares jets privés dont la valeur figure dans un document officiel. En juin 2022, le département américain de la Justice a obtenu un mandat de saisie visant le Boeing 787-8 de l’oligarque russe, immatriculé P4-BDL, qu’il estimait à environ 350 millions de dollars, ainsi que son Gulfstream G650ER, évalué à environ 60 millions.

Le 787 avait volé vers la Russie le 4 mars 2022 sans la licence d’exportation exigée par les sanctions américaines ; il se trouvait aux Émirats arabes unis au moment du mandat.

L’A380 fantôme du prince Al-Walid

En 2007, au salon de Dubaï, le prince saoudien Al-Walid ben Talal passait la toute première commande d’un Airbus A380 à usage privé, pour un montant rapporté d’environ 310 millions de dollars. Les projets d’aménagement prêtés à ce « palais volant » (bain turc, salle de concert, garage pour une Rolls-Royce) ont fait parler d’une facture totale de 500 millions, chiffre qui relève de la rumeur.

Le rêve n’a jamais décollé : le prince n’a pas donné suite à l’aménagement de la cabine, a cherché à revendre sa position après la crise de 2008, et la commande a fini par disparaître des carnets d’Airbus en 2015. Pour mémoire, la grille officielle d’Airbus affichait l’A380 à 445,6 millions de dollars en 2018.

Air Drake, le Boeing 767 du rappeur

Le 767 de Drake est né d’un partenariat conclu en 2019 avec Cargojet, compagnie canadienne de fret dont le rappeur est devenu ambassadeur. L’avion, un Boeing 767-200ER sorti d’usine en 1996, est inscrit au registre américain sous le nom d’une société fiduciaire, et non à celui de l’artiste.

Le chiffre de 185 millions de dollars accolé à « Air Drake » circule depuis son dévoilement, sans avoir jamais été confirmé par l’une ou l’autre des parties : il faut le lire comme une rumeur, d’autant qu’il s’agit d’un appareil d’occasion de trente ans, entièrement réaménagé.

Trump Force One, le Boeing 757 doré

Le Boeing 757 de Donald Trump a été construit en 1991, d’abord pour la compagnie danoise Sterling, puis a servi d’avion d’affaires à Paul Allen, cofondateur de Microsoft, avant d’être racheté par la société DJT Operations I au début des années 2010. Il compte 43 sièges, une chambre, une douche et de nombreuses finitions plaquées or 24 carats.

Le montant de 100 millions de dollars souvent associé à cet achat n’a jamais été établi. Le seul chiffre officiel est plus modeste : dans la déclaration de patrimoine publiée en juin 2025, la société propriétaire de l’avion est évaluée entre 5 et 25 millions de dollars.

Le Boeing 757 de Donald Trump, surnommé Trump Force One, au décollage à Hagerstown en 2026
Acroterion / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Les Gulfstream d’Elon Musk

Le patron de SpaceX et de Tesla est fidèle à Gulfstream. Son G650ER immatriculé N628TS, mis en service en 2016, est enregistré par une société domiciliée à l’adresse du siège de SpaceX, à Hawthorne. Les observateurs lui attribuent aussi deux appareils neufs arrivés en 2026 : un G800 (N8628), enregistré en février, et un G700 (N7628), enregistré en juin.

Pour ces deux derniers, le nom du propriétaire est masqué dans le registre fédéral américain, et le lien avec Elon Musk repose sur le suivi des vols. Au prix catalogue, le duo représenterait environ 150 millions de dollars.

Le Falcon 7X de Taylor Swift

La chanteuse vole sur un Dassault Falcon 7X, trimoteur capable de franchir 5 950 milles nautiques (11 020 km). L’appareil qui lui est associé, construit en 2009, a quitté en 2026 l’immatriculation N621MM, très suivie par les traqueurs de vols, pour une nouvelle, N3200X, dont le propriétaire est masqué au registre américain. Elle se serait séparée en 2024 de son second appareil, un Falcon 900.

Le montant de 54 millions de dollars souvent cité correspond au prix d’un Falcon 7X neuf ; un exemplaire de plus de quinze ans vaut aujourd’hui une fraction de cette somme.

Combien coûte un jet privé à l’usage

Le prix d’achat n’est que le ticket d’entrée. Pour un grand jet d’affaires comme le Gulfstream G700, les estimations des cabinets spécialisés situent les frais variables entre 4 800 et 6 900 dollars par heure de vol : carburant (près de 400 gallons à l’heure), provisions pour la révision des moteurs, maintenance, redevances et frais d’escale.

S’y ajoutent des frais fixes, dus même si l’avion reste au sol : de 1 à 1,4 million de dollars par an, dont environ 500 000 à 600 000 dollars pour les pilotes, une centaine de milliers pour leur formation, 130 000 à 145 000 dollars de hangar et une cinquantaine de milliers d’assurance. Pour environ 200 heures de vol annuelles, le budget total d’un tel appareil tourne autour de 2 millions de dollars, et peut doubler avec un équipage complet (hôtesse, mécanicien) et une utilisation intensive.

Sur les avions de ligne VIP, l’échelle change encore : Boeing annonce lui-même un coût variable de 10 910 dollars par heure pour le BBJ 787-9 et de 15 050 dollars pour le BBJ 777-9, sans compter l’aménagement de la cabine, de 15 à 60 millions de dollars pour un 787 et de l’ordre de 100 millions pour un 777X. Pour qui ne veut pas posséder, l’affrètement d’un jet long-courrier de type Global 7500 ou G650 se facture en 2026 autour de 10 500 à 14 500 dollars de l’heure.

Le marché de l’occasion offre une porte d’entrée bien plus accessible. Lionel Messi voyage ainsi à bord d’un Gulfstream V estimé à 15 millions de dollars, cinq fois moins qu’un G700 neuf : découvrez le jet privé de Lionel Messi, un Gulfstream V ultra-personnalisé.

Pourquoi le prix d’un jet reste si discret

Les constructeurs communiquent de moins en moins leurs tarifs. Airbus a publié sa dernière grille officielle en 2018, et Boeing ne publie pas de prix pour ses versions VIP. Les montants annoncés au lancement d’un programme, comme les 78 millions du Global 8000 ou les 75 millions du Falcon 10X, servent ensuite de repère, avant remises, options et indexation.

Il faut aussi distinguer l’avion « vert », livré sans cabine, de l’avion aménagé, parfois bien plus cher. Quant aux propriétaires, ils se cachent volontiers : sociétés fiduciaires, holdings et masquage légal du nom dans le registre américain rendent l’attribution d’un appareil souvent indirecte. C’est pourquoi ce classement distingue les prix officiels (constructeurs, registres, documents judiciaires ou déclarations publiques) des chiffres qui relèvent de l’estimation ou de la rumeur.

Pour l’esthétique plutôt que le prix, retrouvez les plus beaux jets privés du monde.

Photo de couverture : Dan Nevill / Wikimedia Commons, CC BY 2.0

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Written by
Camille Rousseau

Camille Rousseau suit l'actualité de l'hôtellerie de luxe et de l'art du voyage pour La Revue du Luxe : ouvertures de palaces, resorts confidentiels et nouvelles maisons des grands groupes.

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