L’essentiel
- Quoi ? Vision 2032, le plan stratégique présenté par Puig le 28 octobre 2026 lors de son Capital Markets Day à Madrid.
- Chiffre d’affaires : plus de 8 milliards d’euros par an visés en 2032, contre 5 042 millions d’euros en 2025, surtout par croissance organique.
- Rang : devenir un acteur Top 4 de la beauté premium et Top 2 du parfum d’ici 2032.
- Rentabilité : marge d’EBITDA ajusté au-delà de 22,5 % (20,7 % en 2025) et plus de 900 millions d’euros de flux de trésorerie disponible en 2032.
- Priorités : parfums de prestige (Carolina Herrera, Rabanne, Jean Paul Gaultier), parfums de niche (Byredo, Penhaligon’s), Charlotte Tilbury et dermocosmétique.

Le groupe familial espagnol Puig a dévoilé le 28 octobre 2026 à Madrid Vision 2032, sa feuille de route pour les six prochaines années. Il vise plus de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel en 2032 et une place parmi les deux premiers acteurs mondiaux du parfum. Le plan mise d’abord sur les marques déjà en portefeuille, complétées par des acquisitions sélectives.
8 milliards d’euros de ventes visés en 2032
En 2025, Puig a réalisé 5 042 millions d’euros de chiffre d’affaires net, des revenus plus que triplés en cinq ans selon le groupe. Vision 2032 fixe la marche suivante : dépasser 8 milliards d’euros de ventes annuelles, principalement par croissance organique. Puig compte grandir plus vite qu’un marché de la beauté premium attendu en hausse d’environ 4 à 5 % par an jusqu’en 2032. « Vision 2032 est notre plan pour faire grandir ce qui fonctionne, de manière rentable », a résumé le directeur général Jose Manuel Albesa.
Une marge portée au-delà de 22,5 %
Le groupe vise une marge d’EBITDA ajusté supérieure à 22,5 % en 2032, contre 20,7 % en 2025, soit plus de 1,8 milliard d’euros d’EBITDA ajusté et un gain de plus de 180 points de base. Les leviers annoncés : l’effet d’échelle sur les frais commerciaux et administratifs, une plateforme commune et environ 80 millions d’euros de synergies d’intégration sur trois ans. La conversion en trésorerie doit rester au-dessus de 50 % de l’EBITDA ajusté, soit plus de 900 millions d’euros de flux de trésorerie disponible en 2032. Puig maintient la distribution de 40 % de son résultat net et un endettement net limité à 2 fois l’EBITDA ajusté en fin d’année.
Le parfum féminin, premier gisement
Première priorité, les parfums de prestige. Carolina Herrera doit devenir une marque à deux axes, parfum et maquillage, tandis que Rabanne et Jean Paul Gaultier poursuivent leurs lignes olfactives. Le constat chiffré du groupe : les parfums féminins pèsent environ 65 % du marché mondial du parfum de prestige, mais seulement 45 % environ de l’activité de Puig dans ce segment. Pour combler l’écart, Puig s’appuie sur Good Girl et La Bomba de Carolina Herrera et sur La Favorite, lancé en 2026 par Jean Paul Gaultier. Né en 2016 dans son flacon en forme d’escarpin, Good Girl est devenu en 2024 la première ligne de parfum féminin au monde, selon Puig.


Byredo et Penhaligon’s visent les Etats-Unis

Deuxième axe, la parfumerie de niche, segment le plus dynamique du parfum depuis 2022 et appelé à approcher 20 % du parfum sélectif mondial en 2032. Byredo et Penhaligon’s doivent gagner en productivité dans leurs points de vente et s’étendre de façon sélective. Les Etats-Unis représentent 25 % du marché de niche, mais seulement 14 % du poids de Puig dans ce segment : c’est l’une des six pistes de croissance identifiées. Le portefeuille de niche compte aussi L’Artisan Parfumeur, fondé en 1976 par Jean Laporte et racheté par Puig en 2015. Pour mesurer le haut de gamme de la catégorie, voir notre classement des parfums les plus chers du monde.
Charlotte Tilbury, du maquillage au parfum en 2028
Entrée chez Puig en 2020, Charlotte Tilbury a plus que triplé de taille depuis. Le groupe veut multiplier son activité par 1,5 d’ici 2032, grâce au maquillage, à un soin accéléré, à une distribution élargie avec prudence et à une entrée dans le parfum à partir de 2028.
Quelle place pour la dermocosmétique ?
Quatrième priorité, la dermocosmétique. Puig veut doubler Uriage d’ici 2032. Sous réserve de la finalisation de l’opération ISDIN, ISDIN, Uriage et Apivita formeraient une plateforme de plus de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires pro forma. ISDIN a réalisé environ 650 millions d’euros de ventes en 2025 ; les autorisations réglementaires sont attendues au premier trimestre 2027.
Une organisation resserrée autour des marques

Puig abandonne sa structure par divisions pour une organisation en marques, marchés et fonctions globales. Le groupe veut consolider ses positions en Europe, en Amérique latine et dans le travel retail, où il est passé du sixième au troisième rang des acteurs du parfum depuis 2021, avec une part de marché portée de 9,6 % à 13,0 %. Il entend aussi accélérer en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique. Ce plan s’inscrit dans un marché du luxe à deux vitesses au troisième trimestre 2026.
| Groupe | Puig Brands, groupe familial fondé en 1914 |
| Plan | Vision 2032, présenté le 28 octobre 2026 à Madrid |
| Chiffre d’affaires 2025 | 5 042 millions d’euros |
| Objectif 2032 | plus de 8 milliards d’euros de ventes annuelles |
| Marge visée | EBITDA ajusté au-delà de 22,5 % (20,7 % en 2025) |
| Trésorerie visée | plus de 900 millions d’euros de flux disponible en 2032 |
| Ambition | Top 4 de la beauté premium, Top 2 du parfum |
| Parfums de prestige | Carolina Herrera, Rabanne, Jean Paul Gaultier |
| Parfums de niche | Byredo, Penhaligon’s, L’Artisan Parfumeur |
| Autres priorités | Charlotte Tilbury (x1,5 visé), Uriage (x2 visé), ISDIN |
Informations vérifiées le 31 octobre 2026. Sources : communiqué de Puig du 28 octobre 2026, dossier Vision 2032 (PDF), Puig, Good Girl : 10 ans.


