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Georg Baselitz, le géant allemand de l’art, s’éteint à 88 ans

Dans cet article, découvre l'héritage monumental de Georg Baselitz, l'artiste allemand qui a bouleversé la perception de l'art et dont la créativité a défié le temps jusqu'à sa disparition à 88 ans

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Par Lucas Fabre · samedi 2 mai 2026

C’est une nouvelle qui a traversé le monde de l’art comme un séisme silencieux

C’est une nouvelle qui a traversé le monde de l’art comme un séisme silencieux. Georg Baselitz, né Hans-Georg Bruno Kern le 23 janvier 1938 à Deutschbaselitz, en Saxe, est décédé le 30 avril 2026, à l’âge de 88 ans. Peintre, dessinateur, graveur et sculpteur, Baselitz laisse derrière lui une œuvre monumentale, ancrée dans la douleur de l’histoire européenne et portée par une exigence formelle radicale. Jusqu’à ses derniers mois, il continuait de peindre, intégrant même les traces de son déambulateur dans ses ultimes toiles, exposées chez Thaddaeus Ropac à Pantin en 2023. Sa dernière série, Eroi d’Oro (des portraits inversés sur fond d’or) doit être présentée à laANCHOR_0 à Venise à partir du 6 mai prochain.

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Une vie entre deux Allemagnes, une œuvre entre deux mondes

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Fils d’instituteurs, élevé dans les ruines de l’après-guerre, Hans-Georg Kern quitte l’Allemagne de l’Est en 1957 après avoir été renvoyé de l’Académie des beaux-arts de Dresde et suspendu de l’école de Weißensee à Berlin-Est pour « immaturité sociopolitique ». Il adopte le nom de Baselitz en 1961, en hommage à son village natal, et publie la même année un manifeste artistique provocateur.

© Ulrich Ghezzi

Sa première exposition personnelle à Berlin-Ouest, en 1963, est aussitôt censurée: deux

Sa première exposition personnelle à Berlin-Ouest, en 1963, est aussitôt censurée: deux toiles jugées pornographiques sont saisies par la police. En 1965, à Florence, il crée les Heldenbilder, les Héros, une série de peintures qui sera reconnue comme l’une des plus importantes de l’art allemand d’après-guerre.

Pieds (1960-1963) de Georg Baselitz, présentés dans l’exposition « Baselitz. La rétrospective », Centre Pompidou, Paris, 2021 (©Guy Boyer).

Mais c’est en 1969 qu’il franchit le pas qui fera de lui une figure

Mais c’est en 1969 qu’il franchit le pas qui fera de lui une figure unique dans l’histoire de l’art: il commence à peindre et à exposer ses toiles à l’envers. Ce retournement systématique, loin d’être un simple geste formel, devient sa signature et son manifeste esthétique. En 1980, il représente l’Allemagne à la Biennale de Venise, aux côtés d’Anselm Kiefer, avec Modèle pour une sculpture, œuvre brute et délibérément inachevée, qui fascine et dérange à parts égales. Il épouse en 1962 Elke Kretzschmar, sa compagne de toujours, muse discrète et présence centrale de son œuvre tardive.

Vue de l’exposition « Georg Baselitz, Time » à la galerie Thaddaeus Ropac, Pantin, en 2019 Photo: ©Philippe Hennebelle

Des œuvres renversantes, des expositions marquantes

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Parmi les créations les plus emblématiques de Baselitz, il faut évidemment citer la série des Héros (1965). Ces grandes figures masculines haggardes, ni vainqueurs ni vaincus, debout dans des paysages dévastés, incarnent avec une puissance saisissante le trauma de l’Allemagne d’après-guerre, et posent d’emblée les grandes obsessions de l’artiste: le corps, la violence de l’histoire, la dignité fragile de l’humain.

  • BR Georg Baselitz: Umkehrung der Bilder BR Ses sculptures en bronze, issues de bois taillés à la tronçonneuse, constituent une autre facette saisissante de son génie. Zero Dom (2020), haute de 9 m, coulée en bronze à partir d’une structure en bois sculpté à la tronçonneuse et recouverte d’une patine noire mate, a trôné sur le parvis de l’Institut de France à l’occasion de son entrée officielle à l’Académie des beaux-arts, le 27 octobre 2021. Chevalier de la Légion d’honneur en 2012 et Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, Baselitz entretenait avec la France une relation privilégiée. Georg Baselitz, Zero Dom, Bronze 915 x 430 x 455 cm, Courtesy Thaddaeus Ropac © Georg Baselitz/Charles Duprat La rétrospective que lui a consacrée le Centre Pompidou de l’automne 2021 au printemps 2022, commissariée par Bernard Blistène, a constitué un événement majeur: chronologique et exhaustive, elle révélait avec une clarté saisissante la cohérence d’une œuvre traversée par des séries puissantes, les hommages à Munch, les nus fragmentés, les autoportraits inversés. BR Baselitz, la rétrospective | Exposition | Centre Pompidou BR En 2018, le musée Unterlinden de Colmar avait déjà proposé « Corpus Baselitz », une exposition concentrée sur ses dernières années, réunissant soixante-dix pièces témoignant de la vitalité intacte d’un artiste de 80 ans. Plus récemment encore, du 8 octobre 2025 au 1ᵉʳ mars 2026, le musée BBKmuseoa à Bilbao lui consacrait une exposition d’envergure intitulée « Paintings 2014-2025. Something Everywhere », qui réunissait une cinquantaine de peintures de la dernière décennie, sélectionnées par l’historien d’art britannique Norman Rosenthal. Un style à nul autre pareil, une importance historique majeure Ce qui élève Baselitz au rang de visionnaire n’est pas simplement sa maîtrise du contour ou de la lumière, mais sa capacité à repenser la relation entre l’œuvre et celui qui la regarde. En renversant ses figures, il ne cherchait pas le simple effet: il obligeait le spectateur à voir la peinture comme peinture, la forme comme forme, avant de chercher un sens narratif. Souvent associé au néo-expressionnisme allemand, Baselitz rejetait lui-même toute étiquette. Winterschlaf (Hibernation) (2014) devant Oberimzinn (2010-2013) de Georg Baselitz, présentés dans l’exposition « Baselitz. La rétrospective », Centre Pompidou, Paris, 2021 (©Guy Boyer). Son œuvre tardive, à partir de la série Avignon en (2013-2015), inspirée notamment par les dernières peintures de Pablo Picasso, mais aussi par Lucas Cranach l’Ancien, Egon Schiele ou Edvard Munch, révèle une capacité de renouvellement intacte, comme en témoignaient déjà, dès 2006, ses peintures Remix, dans lesquelles il réinterroge l’iconographie de ses propres œuvres passées. Dans Eroi d’Oro, ses ultimes portraits de lui et de sa femme Elke, suspendus et inversés sur fond d’or, atteignent une dimension à la fois intime et universelle, celle d’un artiste qui aura su, jusqu’au bout, faire de sa vie une œuvre. « Georg Baselitz, le plus grand peintre de ce temps vient de nous quitter, surtout si on considère l’extrême créativité dont il était capable encore, ces derniers mois. Il ne cessait de nous surprendre. Il rentre avec Picasso et Matisse dans ce panthéon d’artistes de génie dont l’inspiration ne s’est jamais tarie. C’est une très grande perte pour l’Histoire et pour notre Académie des beaux-arts. », Jean-Marc Bustamante, membre de l’Académie des beaux-arts, cité par Le Figaro.


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