Le diamant Hope, 45,52 carats, au Smithsonian de Washington
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Diamant Hope : prix, histoire et malédiction du joyau bleu

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L’essentiel

  • Le diamant Hope n’a pas de prix officiel : le Smithsonian, qui le conserve à Washington depuis 1958, n’a jamais publié d’évaluation.
  • La seule valeur documentée par le Smithsonian date de son envoi par la poste en 1958 : une assurance d’un million de dollars, pour 145,29 dollars de frais d’affranchissement et d’assurance.
  • Les estimations qui circulent, de 200 à 350 millions de dollars, et la « valeur d’assurance » de 250 millions souvent citée ne sont pas confirmées par le musée.
  • Pierre Cartier l’avait vendu 180 000 dollars à la riche Américaine Evalyn Walsh McLean au début des années 1910, selon le Smithsonian.
  • Il pèse 45,52 carats et brille d’une phosphorescence rouge sous ultraviolets.
Le diamant Hope, 45,52 carats, au Smithsonian de Washington
Le diamant Hope, 45,52 carats, présenté au Musée national d’histoire naturelle du Smithsonian. © 350z33, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le diamant Hope est sans doute la pierre la plus célèbre du monde, et l’une des plus visitées : elle trône au Musée national d’histoire naturelle du Smithsonian, à Washington. Son prix, lui, reste une énigme entretenue par les légendes. Voici les chiffres que l’on peut vraiment sourcer, de Louis XIV à la boîte en carton qui l’a livré au musée.

Combien vaut le diamant Hope ?

Le Smithsonian ne communique aucune valeur pour le Hope, qu’il considère comme un objet de collection nationale et non comme un actif. Le seul chiffre officiel date du 8 novembre 1958 : ce jour-là, le joaillier new-yorkais Harry Winston expédie le diamant au musée par courrier recommandé. Selon le Musée national de la Poste, l’envoi coûte 145,29 dollars, dont 2,44 dollars d’affranchissement, le reste couvrant une assurance d’un million de dollars.

Les montants plus récents, de 200 à 350 millions de dollars selon plusieurs estimations, et la valeur d’assurance de 250 millions souvent avancée ne proviennent pas du Smithsonian. Ce sont des évaluations de marché, impossibles à vérifier puisque la pierre n’est pas à vendre. Converties en euros, elles donneraient grossièrement entre 170 et 300 millions, mais il faut les lire comme des ordres de grandeur, pas comme un prix.

Le Hope en chiffres

Caractéristique Détail
Poids 45,52 carats (pesé hors monture dans les années 1970)
Couleur bleu profond, phosphorescence rouge sous ultraviolets
Origine présumée Inde, région de Golconde (mine de Kollur), XVIIe siècle
Ancêtre le Bleu de France de Louis XIV, volé en 1792
Monture platine, signée Cartier, entourée de 16 diamants blancs, chaîne de 45 diamants
Vente Cartier 180 000 dollars, à Evalyn Walsh McLean (1911-1912)
Assurance de 1958 1 million de dollars, pour l’envoi postal au musée
Propriétaire Smithsonian Institution, don de Harry Winston le 10 novembre 1958
Lieu Musée national d’histoire naturelle, Washington
Prix actuel aucun publié ; estimations de marché non confirmées
Sources Smithsonian, Musée national de la Poste

Du Bleu de France à Washington

Le marchand Jean-Baptiste Tavernier rapporte d’Inde un grand diamant bleu, qu’il vend à Louis XIV avec d’autres pierres à la fin des années 1660. Le roi le fait retailler en un cœur d’environ 69 carats, le Bleu de France. Louis XV le fait monter en 1749 sur un insigne de l’ordre de la Toison d’or. En septembre 1792, le pillage du garde-meuble royal le fait disparaître.

Un diamant bleu reparaît à Londres en 1812. Le Smithsonian estime, sur des indices solides, qu’il s’agit du Bleu de France retaillé. Le banquier Henry Philip Hope l’acquiert vers 1830, pour environ 90 000 dollars selon le Smithsonian, et la pierre reste dans sa famille jusqu’en 1901. Pierre Cartier la cède ensuite à Evalyn Walsh McLean, figure de la haute société de Washington, pour 180 000 dollars. À sa mort, Harry Winston rachète l’ensemble de ses bijoux, en 1949, puis offre le Hope au Smithsonian en 1958.

Le diamant Hope dans sa monture Cartier entourée de 16 diamants
Le Hope dans sa monture en platine, entouré de 16 diamants blancs. © Smithsonian Institution Archives, domaine public, via Wikimedia Commons

La malédiction, une légende commerciale

La réputation de pierre maudite suit le Hope depuis le début du XXe siècle, au moment où il change de mains entre marchands. Le Smithsonian lui a consacré un épisode de son podcast pour démêler le vrai du faux : aucun des malheurs attribués à la pierre n’a été relié à elle de manière documentée, et la légende a surtout servi à faire monter l’intérêt des acheteurs. Elle n’a pas empêché Evalyn Walsh McLean de la porter pendant des décennies.

Face aux diamants bleus vendus aux enchères

Faute de prix pour le Hope, le marché offre des points de comparaison. L’Oppenheimer Blue, 14,62 carats, a atteint environ 57,5 millions de dollars chez Christie’s en 2016, et le Blue Moon of Josephine environ 48,4 millions. Le record absolu reste rose : le CTF Pink Star, 71,2 millions de dollars chez Sotheby’s en 2017. Avec trois fois plus de carats que l’Oppenheimer Blue et trois siècles d’histoire royale, le Hope dépasserait vraisemblablement ces montants, mais aucune vente ne viendra le vérifier. Tous ces records sont détaillés dans notre classement des diamants les plus chers du monde, et d’autres pierres de légende dans les plus beaux diamants célèbres du monde.

Prix vérifiés et mis à jour le 13 octobre 2026. Sources : Smithsonian Institution (Musée national d’histoire naturelle, histoire du diamant Hope), Musée national de la Poste du Smithsonian (emballage de 1958), Sotheby’s (CTF Pink Star).

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Antoine Mercier

Antoine Mercier écrit sur l'horlogerie, la haute joaillerie et l'automobile d'exception pour La Revue du Luxe : garde-temps de manufacture, pierres rares et mécaniques de prestige.

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