Par Claire Dubois · jeudi 16 avril 2026
Alors que la compagnie aérienne australienne Qantas se prépare à effectuer le premier vol d’essai de son nouvel appareil A350-1000ULR, l’effervescence est palpable à Toulouse. Cet avion est destiné à redéfinir les frontières du voyage aérien en proposant les vols commerciaux les plus longs du monde. La question divise les voyageurs assidus: privilégier la rapidité d’une destination directe ou le confort d’une escale pour se dégourdir les jambes et profiter d’une douche? Qantas, elle, mise sans équivoque sur le gain de temps et le bien-être à bord.
Les passagers de l’A350-1000ULR (Ultra Long Range) pourront voyager jusqu’à 22 heures sans escale, grâce à deux nouvelles liaisons directes reliant Sydney à Londres et à New York. À titre de comparaison, le vol commercial régulier le plus long actuellement, opéré par Singapore Airlines entre Newark et Changi, dure 18 heures et 30 minutes. Cette prouesse technique est rendue possible par une configuration spéciale de l’appareil, incluant un réservoir central arrière supplémentaire de 20 000 litres. Le premier de ces avions se trouve actuellement à Toulouse, où ses moteurs ont été récemment installés. Il est désormais prêt pour les vérifications au sol, prélude à deux mois d’essais en vol intensifs.
Une cabine repensée pour le bien-être
Qantas a conçu les cabines de l’A350-1000ULR avec un objectif clair: minimiser le décalage horaire et maximiser le bien-être des passagers sur ces vols d’une durée inédite. Alors que les autres A350-1000 peuvent accueillir plus de 300 sièges, ceux de Qantas offriront une configuration plus spacieuse de seulement 238 sièges. L’espace ainsi libéré a été intelligemment utilisé pour créer une « zone de bien-être » innovante, accessible à tous les passagers, située entre les cabines premium et économique. Cette zone est équipée de poignées intégrées pour s’étirer, ainsi que d’écrans proposant des programmes d’exercices guidés. Une sélection de boissons non alcoolisées et d’en-cas légers est également disponible en libre-service.
Le luxe de l’espace en première et affaires
La configuration des sièges de l’A350-1000ULR témoigne d’une attention particulière au confort de chaque classe. On y trouve six suites de première classe, suivies de 52 suites de classe affaires agencées en 1-2-1. La classe économique supérieure propose 40 sièges en configuration 2-4-2, et enfin, 140 sièges en classe économique, disposés en 3-3-3.
Les suites de première classe offrent une expérience d’exception, avec 50 % d’espace supplémentaire par rapport à celles de l’A380. Elles incluent un fauteuil inclinable de 56 cm de large et un lit plat séparé de deux mètres de long. En classe affaires, les sièges mesurent 63,5 cm de large, soit 2,5 cm de plus que sur l’A380, et se transforment également en un lit plat de deux mètres.
Confort optimisé pour chaque voyageur
En classe Premium Economy, les passagers bénéficieront d’un espacement d’un mètre entre les sièges et d’un appui-tête à ailettes réglable de 20,3 cm, offrant un soutien appréciable. Même en classe économique, le confort n’a pas été négligé, avec un espacement de 83,8 cm entre les sièges, un repose-mollet et un appui-tête réglable en six positions. Pour contextualiser, l’espacement entre les sièges sur les compagnies à bas prix comme Ryanair est de 76,2 cm, tandis que sur les compagnies à service complet comme Turkish Airlines, il est d’environ 81,3 cm.
Un autre avantage majeur pour tous les passagers sera la connexion Wi-Fi gratuite à haut débit, fruit du partenariat de Qantas avec Viasat. De plus, ils auront la possibilité de connecter leurs propres écouteurs Bluetooth au système de divertissement à bord, une commodité moderne pour une expérience personnalisée.
Project Sunrise: une ambition de longue date
Le projet de création de vols ultra-long-courriers entre la côte est de l’Australie et des villes comme New York, Londres, Paris, Le Cap ou Rio de Janeiro a été baptisé « Project Sunrise » et évoqué pour la première fois en 2017. Ce nom est un clin d’œil aux vols d’endurance « double sunrise » effectués par Qantas entre Crawley, en Australie occidentale, et la base de la RAF de Koggala, dans l’actuel Sri Lanka, durant la Seconde Guerre mondiale. Airbus et Boeing ont tous deux été sollicités pour étendre le rayon d’action de leurs nouvelles générations d’avions long-courriers afin de permettre de tels itinéraires.
Des vols d’essai ont eu lieu dès 2019, mais le projet avait été suspendu en raison de la pandémie de Covid-19. En mai 2022, la compagnie aérienne a annoncé sa commande de 12 Airbus A350-1000, avec l’objectif initial d’opérer les vols Sydney-Londres et Sydney-New York à partir de la fin 2025. Ces vols devraient désormais décoller au cours du premier semestre 2027, bien qu’aucune date précise n’ait encore été annoncée.
Repousser les limites de la distance
« Compte tenu de la position de l’Australie dans le monde, Qantas a une longue tradition de franchissement des barrières de l’aviation », a déclaré Vanessa Hudson, PDG du groupe Qantas, lors du dévoilement des premières images de l’avion en novembre. « Le Project Sunrise permettra non seulement de surmonter la tyrannie de la distance, mais aussi de changer radicalement la façon dont nos clients voyagent dans le monde. Ces vols permettront de gagner jusqu’à quatre heures sur le trajet et de transformer la façon dont les gens vivent les voyages ultra-long-courriers, grâce à une conception fondée sur la science qui minimise le décalage horaire et maximise le bien-être. » Une nouvelle ère de voyages s’annonce, plus rapide, plus connectée et résolument axée sur le confort.