- L’adresse : le Palais Beit Al Noor, maison d’hôtes de luxe de douze clés, dans la médina de Marrakech (quartier Zaouia El Abbassia, rue Sidi Ghanem).
- Le lieu : une demeure du XVIIIe siècle restaurée, organisée autour de trois patios et d’un rooftop tourné vers les toits de la médina et l’Atlas.
- Qui : une adresse privée portée par un couple franco-libanais, Joëlle et Nicolas Delsuc, ouverte le 1er novembre 2025.
- Ce qu’on y trouve : 8 chambres et 4 suites baptisées de grandes voix libanaises, une table d’hôtes de saison et un rooftop panoramique.
- La signature : un dialogue entre âme libanaise et art de vivre marocain, sous le signe de la lumière · « Beit Al Noor » signifie « la maison de la lumière ».
Dans la médina de Marrakech, à l’abri des remparts ocre, une demeure du XVIIIe siècle vient de rouvrir ses portes sous un nom qui claque comme une promesse : Beit Al Noor, « la maison de la lumière ». Loin des grands palaces de la Palmeraie, cette adresse confidentielle de douze clés joue une autre partition, celle de l’intime et du temps suspendu. Ici, on ne parle pas d’hôtel mais de beit, une maison où l’on vit.
Ce qui rend le Palais Beit Al Noor singulier, c’est son récit : un dialogue assumé entre l’âme libanaise de ses propriétaires et l’art de vivre marocain qui l’entoure. Un métissage rare pour Marrakech, porté par un couple franco-libanais, Joëlle et Nicolas Delsuc, qui a fait de la lumière naturelle le fil conducteur de la restauration.
Une demeure du XVIIIe siècle réveillée dans la médina de Marrakech
Le palais se cache rue Sidi Ghanem, dans le quartier Zaouia El Abbassia, l’un des recoins les plus paisibles et les plus spirituels de la médina. Détail rare pour une adresse au cœur de la vieille ville : on peut y accéder en voiture par la porte Bab Kechich, ce qui simplifie l’arrivée dans un dédale où l’on se perd volontiers. La restauration a préservé l’ossature de la maison, ses patios et sa charpente, tout en révélant zelliges, stucs ciselés et bois travaillés. Trois patios s’articulent autour de la demeure, dont l’un abrite un bassin en zellige vert et un autre un olivier veillé par un grand escalier de tadelakt, véritable cœur battant du lieu.

Douze chambres baptisées de grandes voix libanaises
Le palais ne compte que douze clés, huit chambres et quatre suites, réparties sur trois corps de bâtiment aux caractères distincts : la Medersa, en écho aux anciennes écoles du savoir, le Berbère, plus rustique et chaleureux, et la Douheria, qui marie douceur traditionnelle et lignes contemporaines. Chaque chambre porte le nom d’une voix libanaise emblématique, et les quatre suites rendent hommage à Fairuz, Khalil Gibran, Saïd Akl et Majida El Roumi. Les volumes vont de 17 à 67 mètres carrés pour la suite Fairuz, coiffée d’une terrasse privative. Fresques peintes, alcôves en arc, tomettes anciennes et fine sélection de produits d’accueil conçus sur mesure : chaque pièce cultive une atmosphère propre, dans un esprit de maison plus que de standard hôtelier.

La table d’hôtes et le rooftop, au fil des saisons
La restauration se vit en table d’hôtes, familiale et de saison, réservée aux résidents. On y croise des tajines d’artichaut ou de coing, des salades parfumées, des grillades, des classiques libanais revisités et quelques douceurs, dans un va-et-vient gourmand entre les deux rives. Le petit-déjeuner, servi pour deux, se prolonge volontiers sur les terrasses. Car le rooftop est l’un des grands atouts de la maison : dressé au-dessus des toits de la médina, il ouvre sur la ligne bleutée de l’Atlas et rythme les journées, du café du matin au thé à la menthe de l’après-midi, jusqu’au dîner lorsque la chaleur reflue.

Une maison sous le signe de la lumière
Tout, dans le Palais Beit Al Noor, converge vers cette idée de lumière qui lui donne son nom. Elle traverse les patios, glisse sur les zelliges, réchauffe les stucs en fin de journée. La maison propose aussi une conciergerie sur mesure et se privatise entièrement pour un événement ou un séjour en tribu, ce qui la transforme en riad privé le temps d’une réservation. C’est là toute sa proposition : offrir une expérience de médina cousue main, à taille humaine, loin de l’anonymat des grands ensembles.
Notre regard
Le Palais Beit Al Noor illustre une évolution passionnante de l’hôtellerie marrakchie : après l’ère des palaces spectaculaires, place aux maisons d’auteur, intimes et narratives, où l’histoire des lieux et celle de leurs hôtes comptent autant que le confort. En greffant une sensibilité libanaise sur un riad marocain classé au patrimoine, le couple Delsuc signe une adresse à contre-courant, qui mise sur la douceur et la lenteur plutôt que sur la démesure. Ouverte depuis le 1er novembre 2025, cette maison de la lumière a les arguments pour séduire les voyageurs en quête d’un Marrakech confidentiel. On peut la découvrir sur le site officiel du Palais Beit Al Noor.
| Établissement | Palais Beit Al Noor · maison d’hôtes de luxe (12 chambres et suites) |
| Où | Rue Sidi Ghanem, quartier Zaouia El Abbassia, médina de Marrakech (Maroc) |
| Propriétaires | Joëlle et Nicolas Delsuc, couple franco-libanais |
| Ouverture | 1er novembre 2025 |
| Chambres | 8 chambres et 4 suites autour de trois patios, de 17 à 67 m² |
| Table | Table d’hôtes de saison, cuisine libano-marocaine, servie au rooftop |
| Signature | La lumière et le dialogue Liban-Maroc · chambres baptisées de voix libanaises |

