L'Extraordinaire Trésor de Mademoiselle Jenner aux Enchères à Dieppe - La Revue du Luxe
Joaillerie & MontresMontresActualités

L’extraordinaire trésor de Mademoiselle Jenner aux enchères à Dieppe

À Dieppe, l'incroyable collection de 1500 bijoux anciens de Jacqueline Jenner, découverte par hasard, est mise aux enchères. Un trésor d'une valeur estimée à 700 000 euros

Partager
Partager

L’essentiel

  • Près de 1500 pièces de bijoux anciens, datant du XIXe et XXe siècles, sont mises en vente.
  • La collection appartenait à Jacqueline Jenner, dite « Jiji », décédée à 95 ans à Dieppe en 2023.
  • Estimée à 700 000 euros, la vente a déjà rapporté 250 000 euros dès lundi.
  • Les bénéfices seront reversés à des associations caritatives désignées par la collectionneuse, n’ayant pas d’héritier.

À Dieppe, une collection exceptionnelle de 1500 bijoux anciens, ayant appartenu à Jacqueline Jenner, est mise en vente aux enchères cette semaine à l’Hôtel des ventes. Ce trésor, dont l’existence était largement ignorée, révèle la passion secrète et la vie discrète d’une femme décédée en 2023.

L’élégante discrétion d’une collectionneuse passionnée

Jacqueline Jenner, affectueusement surnommée « Jiji » par ses proches, était une figure réservée de Dieppe, dont la passion pour les bijoux demeurait un jardin secret. Née en 1928, elle a écumé les salles des ventes entre sa ville natale et Paris durant des décennies. Claire Salanne, l’experte qui a minutieusement inventorié cette collection, se souvient de la singularité de Jiji. Elle recherchait des pièces en parfait état, souvent emblématiques d’une époque. Une discrétion telle que « jamais on aurait imaginé qu’elle avait accumulé autant de trésors », confie l’experte en bijoux, soulignant que ses habitudes, comme ses trajets en train depuis Rouen, étaient ses seules excentricités connues.

La caverne d’Ali Baba des salles des ventes

La découverte de ce patrimoine insoupçonné eut lieu lors de l’inventaire successoral, après le décès de Jacqueline Jenner. Louis-Aloïs Goffart, le commissaire-priseur en charge de la succession, a vécu une surprise mémorable, digne d’un scénario. Les bijoux, rangés parfois dans de simples boîtes de chocolat, ont révélé l’ampleur d’une collection extraordinaire. « On a eu cette surprise incroyable, mémorable pour un commissaire priseur, d’ouvrir des boîtes, des boîtes et encore des boîtes remplies à chaque fois de bijoux, » raconte l’homme au marteau, évoquant une véritable « caverne d’Ali Baba ». Il souligne que la qualité des pièces a sublimé cette découverte, confirmant la joie et l’émerveillement que peut procurer ce métier.

Des trésors de l’histoire, pièces par pièce

La collection s’étend du XIXe au XXe siècle, offrant un panorama fascinant des styles et des techniques. Bagues, colliers, broches, camées, montres: près de 1500 objets, dont très peu sont signés, témoignent d’une époque où l’or ne revêtait pas la même valeur qu’aujourd’hui, permettant des acquisitions pour des sommes modestes. Estimées entre dix et plusieurs milliers d’euros, ces pièces sont avant tout des vecteurs d’histoire. Artur Yaiche, gemmologue et expert en bijoux, s’enthousiasme particulièrement pour une cinquantaine de micro-mosaïques italiennes du XIXe siècle. Ces œuvres délicates illustrent la passion européenne pour les fouilles d’Herculanum et Pompéi, marquant un retour au goût antique. Chaque pièce, comparable à un petit tableau, est gravée avec une précision relevant d’un « travail dantesque ».

Un héritage précieux pour des causes charitables

La vente, dont l’inventaire et le nettoyage ont duré une année, se déroule pièce par pièce, comme Jacqueline Jenner acquérait ses trésors. Ce choix a été fait pour permettre à chaque enchérisseur de trouver son bonheur « selon ses goûts, selon son budget », explique Claire Salanne, évoquant l’émotion de cette approche. Sans héritier direct, Jacqueline Jenner avait pris la décision de léguer le fruit de cette vente à des associations caritatives. Le Secours catholique, la SPA et l’Armée du salut figurent parmi les organisations bénéficiaires. Estimée à 700 000 euros, la collection pourrait dépasser ce montant initial, les bijoux classiques du XIXe siècle ayant déjà rapporté 250 000 euros lors de la première journée de vente, ce lundi. Les pièces sont visibles chaque matin, et les enchères se tiennent l’après-midi, à partir de 13 heures, jusqu’à samedi, à l’Hôtel des ventes de Dieppe, situé au 41, rue Louis Blériot, à Martin-Église.

Les points essentiels

Partager
Écrit par
La rédaction

La rédaction de La Revue du Luxe couvre l'horlogerie, la haute joaillerie et l'automobile d'exception : garde-temps de manufacture, pierres rares et mécaniques de prestige.

Related Articles

Une Ferrari 499P Modificata estimée à plus de 8 millions de dollars aux enchères

Mise aux enchères à Genève par Christie's, une Ferrari 499P Modificata de...

Rolex fait une exception historique pour Roger Federer et Leonardo DiCaprio

Pour la première fois, la manufacture Rolex a créé quatre pièces uniques...

L’hôtel des Thermes à Vittel officiellement inscrit aux monuments historiques

L'hôtel des Thermes à Vittel est officiellement inscrit aux monuments historiques. Un...

Yachting de luxe : cinq super-yachts d’exception aux enchères cet automne

La maison Boathouse Auctions annonce la mise aux enchères en ligne de...