◆ Cannes 2026 · Jour 8 · 19 mai
À mi-parcours de la 79ᵉ édition, la Compétition retrouve son intensité avec le retour très attendu d’Andreï Zviaguintsev neuf ans après « Faute d’amour », pendant qu’Adèle Exarchopoulos s’impose comme l’une des favorites pour le prix d’interprétation féminine. Au lendemain de « Fjord », Sebastian Stan offre une conférence de presse politique.
Mardi 19 mai, huitième jour du Festival de Cannes 2026. Quelle journée à mi-parcours : deux des trois plus grosses attentes de la quinzaine sont dévoilées, deux conférences de presse cristallisent les conversations, et une perle d’Un Certain Regard fait basculer la salle Debussy. Récit.

◆ Compétition
« Minotaure » d’Andreï Zviaguintsev : la Russie en miroir
Neuf ans après son retentissant « Faute d’amour » couronné du Prix du Jury en 2017, le cinéaste russe Andreï Zviaguintsev fait son retour en Compétition officielle. Projeté à 19h30 au Grand Théâtre Lumière, « Minotaure » poursuit l’écriture sombre et politique qui a fait la renommée du réalisateur. Le film, présenté hors de Russie, dresse le portrait d’une famille russe contemporaine prise dans les rouages d’un pouvoir invisible et omniprésent.
La projection a donné lieu à plusieurs minutes d’ovation. Distribué en France par Diaphana, « Minotaure » s’installe d’emblée comme l’un des grands prétendants à la Palme d’or. La critique salue la maîtrise visuelle, la noirceur du propos et la performance des comédiens, dont une partie a vu son passeport russe révoqué après les prises de vues. Zviaguintsev, exilé depuis 2022, a confié en conférence de presse vouloir « filmer ce que personne ne peut plus filmer à Moscou ».
◆ Compétition
« Garance » de Jeanne Herry : Adèle Exarchopoulos crée l’événement
À 14h30, la projection de « Garance » de Jeanne Herry crée la sensation de la mi-festival. Après « Je verrai toujours vos visages » qui avait connu un large succès critique en 2023, la réalisatrice signe un drame social où Adèle Exarchopoulos campe une femme au prise avec un système judiciaire défaillant. La séance, dense et bouleversante, a déclenché une standing ovation de plus de sept minutes. Les premières réactions critiques saluent une « performance habitée » qui place Exarchopoulos en tête des paris pour le prix d’interprétation féminine.

Jeanne Herry, déjà passée par la Quinzaine des Cinéastes, fait son entrée en Compétition officielle avec ce film de justice restaurative, sujet rarement traité au cinéma. La distribution réunit également Niels Arestrup dans l’un de ses derniers rôles, Élodie Bouchez et Damien Bonnard.
◆ Conférence de presse
Sebastian Stan dézingue l’Amérique de Trump après « Fjord »
Au lendemain de la projection officielle de « Fjord » de Cristian Mungiu, l’acteur Sebastian Stan tient sa conférence de presse à 11h. Sans détour, l’interprète offre une charge politique frontale contre l’administration Trump. « Ce que nous filmons dans Fjord, c’est l’isolement moral d’un pays qui refuse de regarder ce qu’il devient. C’est aussi l’Amérique aujourd’hui. » À ses côtés, Renate Reinsve, héroïne de « Julie en 12 chapitres », confirme sa stature internationale et glisse quelques mots sur la difficulté de tourner sous la direction exigeante de Mungiu.
« Sebastian Stan a quelque chose à dire, et il le dit comme un acteur libre, pas comme une star sous contrat. Cannes adore ça. »
— Critique entendue en sortie de salle Debussy
◆ Un Certain Regard
« Ben’Imana », le Rwanda à la salle Debussy
À 16h, la salle Debussy accueille la première mondiale de « Ben’Imana » de la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo. Trois décennies après le génocide, le film suit une jeune femme confrontée à la mémoire d’une famille divisée par l’histoire récente. Acclamée pour son court-métrage « A Place for Myself », Dusabejambo signe son premier long. La sélection Un Certain Regard tient avec « Ben’Imana » l’un de ses possibles prix.
◆ Côté Croisette
Talents Adami et soirées d’auteurs
À 14h, la manifestation des Talents Adami Cannes 2026 met en lumière les comédiens émergents avec leur série de courts métrages signés Eva Husson. La soirée se prolonge à la Villa Domergue avec le dîner du Prix Adami. En parallèle, Cannes Première accueille « L’Étreinte » de Justine Triet, hors compétition. Du côté des marches, Cate Blanchett, déjà venue dimanche pour la projection d’Almodóvar, refait une apparition surprise pour soutenir Renate Reinsve.

À retenir du jour 8
- Zviaguintsev revient en force avec « Minotaure » et s’installe parmi les favoris pour la Palme d’or
- Adèle Exarchopoulos bouleverse la salle dans « Garance » et prend la tête des paris pour l’interprétation féminine
- Sebastian Stan politise la Croisette en conférence de presse de « Fjord »
- Marie-Clémentine Dusabejambo impose « Ben’Imana » comme l’une des révélations d’Un Certain Regard
- Cate Blanchett refait une apparition surprise pour la projection de la soirée
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