L’essentiel
- Les grandes ventes de montres de Genève se tiendront du samedi 7 au lundi 9 novembre 2026 : Phillips les 7 et 8 à l’Hotel President, Sotheby’s le dimanche 8, Christie’s le lundi 9 au Four Seasons Hotel des Bergues.
- Le lot le plus cher annoncé à ce jour est une Patek Philippe 1436 en acier de 1945, estimée 2 à 4 millions de francs suisses chez Phillips.
- Suivent une pendule mystérieuse Portique n° 4 de Cartier (1,8 à 3,2 millions), une F.P. Journe « Régence » (plus d’un million) et une Rolex Daytona « John Player Special » (800 000 à 1,6 million).
- Les expositions sont gratuites et ouvertes à tous : du 4 au 8 novembre chez Phillips, du 5 au 7 novembre chez Sotheby’s.
- Les estimations s’entendent hors frais : chez Phillips, 27 % s’ajoutent jusqu’à 1,6 million de francs adjugés, plus la TVA suisse de 8,1 %.
- Le record genevois à battre reste les 31 millions de francs de la Patek Philippe Grandmaster Chime, chez Christie’s en 2019.
Chaque automne, Genève concentre en trois jours une bonne part du marché mondial des montres de collection : Phillips, Sotheby’s et Christie’s s’y succèdent sur les quais du Léman. Voici les montres à suivre, leurs estimations officielles et la marche à suivre pour les voir de près ou enchérir.

Trois maisons, trois jours au bord du lac
Phillips, associé à Bacs & Russo, ouvrira le bal avec The Geneva Watch Auction: XXIV, le samedi 7 et le dimanche 8 novembre à 14 h, à l’Hotel President (quai Wilson 47). Le catalogue compte 221 lots : les numéros 1 à 107 passeront le samedi, les numéros 108 à 221 le dimanche. Le même dimanche, à 10 h, Sotheby’s ouvrira sa vente Important Watches, qui annonce des pièces de Patek Philippe, Rolex, Audemars Piguet, Vacheron Constantin et Cartier, ainsi que des indépendants. Christie’s fermera la marche le lundi 9 novembre à 12 h 30, au Four Seasons Hotel des Bergues (quai des Bergues 33), avec sa vente Rare Watches.
La Patek Philippe 1436, star de chez Phillips
Le lot 95 est le plus cher de la saison genevoise à ce jour : une Patek Philippe référence 1436 en acier, fabriquée en 1945. Lancée en 1938, la 1436 fut le premier chronographe à rattrapante produit en série par la manufacture, à environ 140 exemplaires en 33 ans selon Phillips. L’acier y est rarissime : seules deux 1436 en acier ont gardé leur boîtier et leur cadran d’origine, chacune dans une configuration différente. Celle-ci porte un cadran argenté à index appliqués en acier et une échelle tachymétrique ; la couronne sert de poussoir de rattrapante. Un extrait des archives Patek Philippe confirme sa fabrication en 1945 et sa vente en 1949. Estimation : 2 à 4 millions de francs suisses. Elle passera le samedi 7 novembre.

Cartier, Journe, Rolex : le reste du podium
Derrière la 1436, Phillips aligne une pièce que l’on croise rarement dans une vente de montres : la pendule mystérieuse Portique n° 4 de Cartier, estimée 1,8 à 3,2 millions de francs suisses. Cartier n’a réalisé que six pendules Portique, selon Phillips, qui avait déjà présenté la n° 3 en mai 2025. Le principe de la série : un cadran qui semble flotter entre deux colonnes translucides, sous un fronton inspiré des portiques de temples chinois.

Le Chronomètre à Résonance « Régence » de F.P. Journe (lot 7, 2002), réalisé pour le détaillant suisse Les Ambassadeurs, est le seul des trois cadrans « Régence à Losange » gravés à la main à être en or rose ; il est estimé plus d’un million de francs suisses. Côté Rolex, la Cosmograph Daytona 6241 « John Player Special » en or 14 carats (lot 20, vers 1969) est estimée 800 000 à 1,6 million : son bracelet est poinçonné « V.C.A » et un numéro d’inventaire gravé sous une corne renvoie très probablement, selon Phillips, à Van Cleef & Arpels. La Rolex 6062 « Stelline » en or jaune (lot 129, vers 1952), retrouvée au Japon chez son premier propriétaire, est attendue entre 600 000 et 1,2 million.

À surveiller aussi : une Patek Philippe 2497 de 1953, seule connue signée du détaillant new-yorkais Gumbiner (250 000 à 500 000), et la F.P. Journe Vagabondage III en platine et diamants (350 000 à 700 000).

Sotheby’s mise sur Lange et George Daniels
Sotheby’s dévoile son catalogue au compte-gouttes. Parmi les premiers lots publiés, la pièce la plus haute est une montre de poche A. Lange & Söhne en or rose vendue en 1914 : quantième perpétuel, phases de lune, répétition des quarts, grande et petite sonnerie. Jamais passée en vente publique, elle est estimée 500 000 à 1 million de francs suisses. La maison propose aussi une George Daniels Millennium en or jaune de 2001, l’une des 48 produites dans ce métal (300 000 à 600 000), et une Lange 1 en acier, référence 101.026, produite selon Sotheby’s à une trentaine d’exemplaires (150 000 à 300 000). L’affiche de la vente montre une Rolex Daytona « Paul Newman » référence 6239 en or jaune.


Christie’s et la vente caritative pour ELA
La vente du lundi s’intitule Rare Watches Including Watches for ELA. Christie’s y promet des pièces « de la plus grande rareté », vintage comme indépendantes, après une vente de mai 2026 qui avait totalisé 33,1 millions de francs suisses avec 99 % des lots vendus. Une section caritative, Watches for ELA, réunit des montres offertes par les marques au profit d’ELA International, qui soutient la recherche sur les leucodystrophies et les familles touchées. Gerald Charles y a par exemple confié le prototype de sa Maestro 2.0 Ultra-Thin « Tiger’s Eye ». Les lots et leurs estimations seront publiés sur la page de la vente, sur christies.com.

Les records genevois à garder en tête
Ces estimations restent loin des sommets atteints à Genève. La montre la plus chère jamais vendue aux enchères y a été adjugée : la Patek Philippe Grandmaster Chime 6300A-010, 31 millions de francs suisses chez Christie’s le 9 novembre 2019, lors de la vente caritative Only Watch. Sotheby’s y a vendu la Henry Graves Supercomplication 23 237 000 francs en novembre 2014. Plus près de nous, Phillips a adjugé le 8 novembre 2025 une Patek Philippe 1518 en acier 14 190 000 francs, record pour une montre-bracelet Patek Philippe vintage, et la Rolex « Bao Dai », une 6062 comme la « Stelline » de cette année, avait atteint 5 066 000 francs chez Phillips en mai 2017. Le classement complet se trouve dans notre dossier sur les montres les plus chères du monde.
Voir les montres sans payer l’entrée
Inutile d’enchérir pour approcher ces pièces : les expositions avant-vente sont gratuites et ouvertes au public, comme le rappellent Phillips et Sotheby’s. Chez Phillips, à l’Hotel President, l’exposition ouvrira du mercredi 4 au vendredi 6 novembre de 10 h à 19 h, le samedi 7 de 9 h à 19 h et le dimanche 8 de 9 h à 13 h. Sotheby’s exposera du jeudi 5 au samedi 7 novembre, de 10 h à 18 h, au Mandarin Oriental (quai Turrettini 1). Christie’s publiera ses horaires sur la page de sa vente. Les ventes se suivent aussi en direct sur les sites des maisons.
Enchérir : frais, inscription et calendrier
Pour enchérir, il faut s’inscrire auprès de la maison avec une pièce d’identité et un justificatif de domicile. Phillips conseille aux nouveaux clients de s’inscrire au moins 48 heures avant la vente pour enchérir en salle, et 24 heures avant pour enchérir en ligne ou par téléphone. Surtout, l’estimation ne dit pas le prix final : selon le guide de l’acheteur de Phillips à Genève, la commission atteint 27 % du prix marteau jusqu’à 1,6 million de francs, 21 % entre 1,6 et 7 millions, 14,5 % au-delà, et la TVA suisse de 8,1 % s’ajoute (remboursée aux acheteurs domiciliés hors de Suisse qui exportent la montre). Une 1436 adjugée 4 millions coûterait ainsi 4 936 000 francs hors TVA, selon notre calcul. Sotheby’s et Christie’s publient leurs propres barèmes dans les conditions de chaque vente. La semaine se poursuivra avec la haute joaillerie, dont la vente Magnificent Jewels de Christie’s le 10 novembre.


