L’essentiel
- Quoi ? Une terrine en argent de Juste-Aurèle Meissonnier, commandée par le 2e duc de Kingston, que Christie’s met en vente (communiqué du 29 octobre 2026).
- Estimation : 4 à 6 millions de livres sterling, hors frais.
- Vente : à Londres, chez Christie’s King Street, les 1er et 2 décembre 2026, avec la collection Blaquier-Arrieta.
- Exposition : pièces phares à Paris, 9 avenue Matignon, jusqu’au 3 novembre 2026 ; ensemble de la collection à Londres du 23 novembre au 1er décembre.
- Record : en 1977 à Genève, la paire de terrines a atteint 2,79 millions de francs suisses, alors record mondial pour de l’argenterie aux enchères.

Christie’s a annoncé le 29 octobre 2026 la vente à Londres, les 1er et 2 décembre, de la collection Blaquier-Arrieta, réunie en Argentine. Sa pièce maîtresse est une terrine en argent de Juste-Aurèle Meissonnier, estimée 4 à 6 millions de livres sterling. Commandée pour le 2e duc de Kingston, elle forme une paire avec une terrine aujourd’hui conservée au Cleveland Museum of Art.
Une terrine signée Meissonnier pour Kingston
La pièce est une terrine à oille d’époque Louis XV, en argent, avec son couvercle et son présentoir. Elle porte la signature de Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750) et les poinçons de Paris des années 1735 à 1740, avec ceux des orfèvres Henry Adnet et Pierre-François Bonnestrenne. Evelyn Pierrepont, 2e duc de Kingston, l’a commandée à Paris entre 1734 et 1736 avec une seconde terrine : l’objet mis en vente est l’une d’une paire. Une eau-forte du XVIIIe siècle montre les deux terrines de part et d’autre d’un surtout de table qui n’a probablement jamais été réalisé.
Plus de 20 kilos d’argent, du crabe au céleri
Le corps de la terrine prend la forme d’une coquille stylisée, posée sur des bottes de céleri, d’oignons et une carotte dont les feuilles forment les anses. Sur le couvercle, un canard, un crabe, un poisson, une huître et des escargots se mêlent à un artichaut et à des légumes feuillus, fondus d’après nature. Le présentoir rocaille est soutenu d’un côté par une botte de salsifis. L’ensemble pèse plus de 20 kilos.

Genève, 1977 : 2,79 millions de francs suisses
En novembre 1977, Christie’s a proposé les deux terrines ensemble à Genève. La paire a atteint 2,79 millions de francs suisses, alors record mondial aux enchères pour de l’argenterie. L’acheteur a ensuite séparé les deux pièces : celle qui revient aujourd’hui sur le marché est entrée dans la collection du baron Heinz Thyssen-Bornemisza. Christie’s ne précise pas quand ni comment elle est passée ensuite entre les mains des Blaquier.
Où se trouve l’autre terrine de la paire ?
La seconde terrine appartient au Cleveland Museum of Art, dans l’Ohio, sous le numéro d’inventaire 1977.182 ; une exposition consacrée à Meissonnier y est en cours. Datée de 1735-1738 par le musée, elle pèse près de 20 kilos. Elle porte une écrevisse et une perdrix, là où la terrine de Christie’s arbore canard, crabe et poisson. Sa provenance passe par Elizabeth Chudleigh, duchesse de Kingston, les Bezborodko en Russie, Polovtsoff, puis J. Pierpont Morgan.
La collection Blaquier-Arrieta en trois volets
La terrine mène la collection de Nelly Arrieta de Blaquier (1931-2020) et de Carlos Pedro Blaquier (1927-2023), présentée par Christie’s comme la plus importante collection privée d’Argentine. Nelly Arrieta de Blaquier a commencé à réunir de l’argenterie avec le marchand Jacques Helft (1891-1980) ; la Frick Collection l’a honorée en 2010. Charles Cator, vice-président de Christie’s International, évoque plus de vingt ans d’accompagnement de la collectionneuse.
La partie I compte 50 lots, la partie II environ 280, avec des estimations de 800 à 6 000 000 livres. Une partie III sera proposée en 2027 lors d’une vente en ligne d’orfèvrerie à Paris.

Parmi les autres lots figurent une paire de rafraîchissoirs Louis XV en argent au poinçon de Claude Ballin II (Paris, 1744), estimée 800 000 à 1 200 000 livres, la Méditation d’Auguste Rodin, bronze fondu par Rudier en 1927 (300 000 à 500 000 livres), une nature morte de Jan Brueghel II (300 000 à 500 000 livres) et une plaque en émail de Limoges attribuée à Pierre Reymond (30 000 à 50 000 livres).


Quand et où voir la terrine avant la vente ?
Les pièces phares de la collection sont exposées à Paris, chez Christie’s, 9 avenue Matignon, du 29 octobre au 3 novembre 2026. L’ensemble sera ensuite présenté à Londres du 23 novembre au 1er décembre, avant les deux ventes en salle des 1er et 2 décembre au 8 King Street, temps fort de la Classic Week de Londres.
Pour d’autres repères du marché de l’art, voyez le prix record du Salvator Mundi et la toile de David Hockney estimée 2,5 millions de livres sterling.
| Objet | terrine à oille Louis XV en argent, avec couvercle et présentoir |
| Signature | Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750) |
| Poinçons | Paris, 1735-1740 ; orfèvres Henry Adnet et Pierre-François Bonnestrenne |
| Commanditaire | Evelyn Pierrepont, 2e duc de Kingston (commande de 1734-1736) |
| Poids | plus de 20 kg |
| Provenance | baron Heinz Thyssen-Bornemisza, puis collection Blaquier-Arrieta |
| Record | novembre 1977, Christie’s Genève : 2,79 millions de francs suisses pour la paire |
| Terrine jumelle | Cleveland Museum of Art (Ohio), n° 1977.182 |
| Estimation | 4 000 000 à 6 000 000 £, hors frais |
| Vente | Christie’s Londres, 8 King Street, 1er et 2 décembre 2026 |
| Exposition à Paris | 9 avenue Matignon, du 29 octobre au 3 novembre 2026 |
Informations vérifiées le 30 octobre 2026. Sources : communiqué de Christie’s du 29 octobre 2026, page de la vente sur christies.com, fiche de la terrine jumelle au Cleveland Museum of Art.


