L’essentiel
- Combien ? Le portrait d’Antoine de Saint-Exupéry dédicacé à Jean Mermoz a été vendu 61 456 € frais compris, le 3 novembre 2026 chez Artcurial à Paris, pour une estimation de 2 000 à 3 000 €.
- La vente : 1 008 067 € frais inclus, 327 lots, 90 % vendus, estimation initiale doublée.
- Le lot le plus cher : un collier de l’ordre du Saint-Esprit à 173 680 €, sans lien avec Mermoz.
- Les musées : le musée de l’Air et de l’Espace a acquis le manteau de Mermoz, 26 720 €, et 44 autres lots.
- Côté maisons : un briquet-horloge Lancel à 12 024 €, une montre de smoking Cartier à 8 016 €.

Artcurial a dispersé le 3 novembre à Paris les souvenirs personnels de Jean Mermoz (1901-1936), restés dans sa famille depuis la disparition de l’aviateur. Une photographie estimée 3 000 € au plus est partie à 61 456 € : dans cette vente, le lien direct avec une légende a compté davantage que l’objet. Le total dépasse le million d’euros, premier chapitre sur l’histoire de France compris.
Un portrait vendu vingt fois son estimation
Le lot 198 est une épreuve argentique de 22,5 x 17 cm, dédicacée : « Pour mon vieil ami Mermoz. Avec ma profonde amitié. » Un collectionneur français l’a emportée à l’issue d’une vive bataille d’enchères. À 61 456 € frais compris, elle atteint plus de vingt fois le haut de son estimation. Le texte du communiqué d’Artcurial mentionne 61 720 €, mais ses tableaux de résultats et la page du lot indiquent 61 456 €, montant retenu ici.
Les deux hommes s’étaient rencontrés en juin 1927 au cap Juby, en bordure du Sahara. Selon certains historiens cités par la notice, le Petit Prince aurait été inspiré à Saint-Exupéry par le souvenir de Mermoz.

Le manteau des Andes rejoint un musée
Le grand manteau de cuir brun a très probablement été porté le 2 mars 1929, lors d’un atterrissage forcé à 2 800 mètres dans la cordillère des Andes. Mermoz se précipite alors devant son avion pour en bloquer les roues avant le précipice, et le dos du vêtement en garde les déchirures.
Estimé 8 000 à 12 000 €, il a atteint 26 720 €. Il entre dans les collections du musée de l’Air et de l’Espace, qui a acquis 44 autres lots. Le même musée a préempté à 13 360 € le parachute Aviorex type 801, dont le cuir rouge porte le nom de Mermoz à l’or. Cinq lots ont été préemptés par des musées nationaux, un droit qui resurgit avec le Dubreuillosaurus proposé à Drouot le 18 novembre.

Lettres et papiers, les vraies surprises
Une lettre d’Henri Guillaumet à Mermoz du 27 juin 1930, récit de l’accident relaté dans Terre des hommes, a atteint 16 700 € pour une estimation de 1 000 à 1 500 €. La lettre du 29 septembre 1924 qui engage Mermoz chez Latécoère, signée par Didier Daurat, s’est vendue 16 032 €.
Le plus fort écart de la vente, d’après les prix publiés lot par lot, revient à sa carte d’identité militaire de pilote : 9 619 € pour une estimation de 200 à 300 €. Les lunettes Luxor Goggle n° 5, estimées 800 à 1 200 €, ont atteint 6 012 €.

Un briquet Lancel à 12 024 €, une montre Cartier
Réalisé par la maison Lancel vers 1933, le briquet de table-horloge offert à Mermoz par ses camarades mesure 9 x 7,5 cm. Il porte la gravure « A notre camarade Mermoz », suivie des dates de ses traversées. Estimé 800 à 1 200 €, il a été vendu 12 024 €, dix fois le haut de son estimation.


La montre de smoking Cartier, en or jaune 18 carats et émail, vers 1920, n’a pas appartenu à Mermoz mais à Francisco Terry, pilote de chasse d’origine cubaine. Elle a été vendue 8 016 €, au niveau de son estimation de 6 000 à 8 000 €. Prochain rendez-vous des collectionneurs : les ventes de Genève, du 7 au 9 novembre.

173 680 € : le lot le plus cher, loin de Mermoz
Le prix le plus élevé de la journée revient au chapitre du matin, De Napoléon à de Gaulle. Ce collier de l’ordre du Saint-Esprit, en or à 29 maillons ciselés et émaillés, fait partie des 50 colliers fabriqués par la maison Ouizille-Lemoine pour le sacre de Charles X. Remis à trois récipiendaires, il a été acquis 173 680 € par un collectionneur européen, pour une estimation de 60 000 à 80 000 €.

Près des deux tiers du total pour l’aviation
L’addition des prix publiés lot par lot situe le chapitre de l’après-midi autour de 669 000 €, avec 258 lots vendus sur 284, contre environ 340 000 € et 35 lots sur 43 le matin. L’aviation pèse donc près des deux tiers de la vente, sans en signer le lot le plus cher. Le résultat reste modeste pour Artcurial, qui revendique 208,5 millions d’euros de ventes en 2025, et face aux 50 millions d’euros de l’Iris de Monet.
| Vente | Souvenirs Historiques, n° 6496 |
| Date et lieu | 3 novembre 2026, Artcurial, Paris |
| Commissaire-priseur | Maxence Miglioretti |
| Lots | 327, dont 90 % vendus |
| Total frais inclus | 1 008 067 € / 1 128 703 $ |
| Portrait de Saint-Exupéry | 61 456 € |
| Manteau de Mermoz | 26 720 € |
| Briquet-horloge Lancel | 12 024 € |
| Montre Cartier | 8 016 € |
| Collier du Saint-Esprit | 173 680 € |
Informations vérifiées le 5 novembre 2026. Sources : communiqué de résultats d’Artcurial du 4 novembre 2026, communiqué d’annonce d’Artcurial, page de la vente n° 6496, lots 198, 191, 225, 261, 323 et 23.


