L’essentiel
- Le tournage de la deuxième saison de la série de France Télévisions s’est installé dans le sous-sol du Corum de Montpellier, un lieu emblématique de la région Occitanie.
- L’architecte sétois Thibault Pinto dirige une dizaine de techniciens chevronnés pour métamorphoser un parking souterrain et ses accès techniques en un décor de science-fiction saisissant et complexe.
- L’infrastructure du Palais des Congrès se prête idéalement à cette transformation, offrant des volumes brutaux et des perspectives industrielles nécessaires à l’ambiance visuelle de la production.
- La régisseuse Audrey Combes-Laget a programmé une trentaine d’écrans interactifs pour simuler un bunker futuriste, un travail de précision qui mêle graphisme numérique et intégration matérielle.
- Ces interfaces informatiques, visibles sur des moniteurs et des tablettes, sont essentielles pour donner de la profondeur technologique au récit de cette seconde saison de Bugarach.
- La diffusion des nouveaux épisodes est attendue pour le début de l’année 2027 sur les écrans, marquant une nouvelle étape pour la science-fiction produite au sein de l’écosystème audiovisuel montpelliérain.
En septembre 2026, les équipes de la série Bugarach à Montpellier ont investi le Corum pour façonner un spectaculaire décor de science-fiction sous la direction de l’architecte Thibault Pinto. Ce projet d’envergure, mené dans le secret des sous-sols du complexe héraultais, dévoile la complexité et la rigueur des métiers de l’ombre de la production télévisuelle française. Le choix de ce lieu n’est pas le fruit du hasard. Le Corum, qui abrite habituellement des congrès internationaux et des concerts prestigieux au sein de l’Opéra Berlioz, possède une architecture de béton et des zones techniques dont l’esthétique se prête naturellement aux univers d’anticipation. En exploitant les zones les plus reculées de ce bâtiment emblématique de Montpellier, la production optimise les ressources locales tout en bénéficiant d’un cadre spatial unique, loin des plateaux de tournage conventionnels.
Cette installation temporaire témoigne de la vitalité de la filière audiovisuelle dans la métropole montpelliéraine, qui s’affirme chaque année davantage comme une place forte de la création pour le petit écran. Le déploiement logistique nécessaire pour transformer un quai de déchargement ou un couloir de service en centre de commandement futuriste demande une coordination sans faille entre les différents corps de métier. Des charpentiers aux électriciens, en passant par les peintres décorateurs, chaque intervenant apporte sa pierre à l’édifice pour garantir une immersion totale aux acteurs et, plus tard, aux téléspectateurs de France Télévisions.
Les artisans de l’ombre au Corum
Au cœur du Corum, l’activité est incessante. Les artisans de l’ombre s’activent pour que chaque détail visuel soit cohérent avec l’esthétique établie lors de la première saison, tout en élevant le niveau d’ambition pour ce second opus. Le travail de Thibault Pinto, architecte basé à Sète, consiste à traduire des intentions scénaristiques en volumes réels. Il doit jongler avec les contraintes techniques du bâtiment existant, comme la hauteur sous plafond ou l’emplacement des colonnes de soutien, pour intégrer harmonieusement les éléments de décor ajoutés. Cette collaboration entre l’architecture classique et le design de plateau crée une synergie particulière, où le béton brut du Corum devient la toile de fond idéale pour une histoire se déroulant dans un futur proche.
Le personnel technique, composé d’une dizaine de spécialistes, doit faire preuve d’une grande adaptabilité. Travailler dans les sous-sols implique de gérer des flux logistiques complexes, d’acheminer du matériel lourd par des ascenseurs de service et de maintenir un environnement de travail sécurisé dans un espace clos. Chaque panneau de bois, chaque projecteur et chaque accessoire doit être positionné selon un plan rigoureux, validé en amont par la production. La réussite de ce décor repose sur cette capacité à effacer la nature première du lieu pour laisser place à l’imaginaire de la série Bugarach.
L’art du décor de science-fiction sous le Corum
Après avoir investi les studios de Vendargues, véritables piliers de la production régionale, les équipes de la série Bugarach ont pris possession du sous-sol du Corum de Montpellier. Pour cette saison 2 de la création de science-fiction signée France Télévisions, l’enjeu esthétique s’avère de taille. Sous la direction de l’architecte sétois Thibault Pinto, une dizaine de techniciens s’activent pour opérer une transformation radicale du site. C’est toute une troupe de constructeurs, de peintres, d’accessoiristes et d’électriciens qui s’active dans l’ombre pour matérialiser cet univers futuriste. Leur mission: métamorphoser un simple espace utilitaire en un plateau de tournage saisissant de réalisme. L’objectif est de créer une rupture visuelle avec le quotidien, tout en conservant une certaine crédibilité architecturale indispensable au genre de la science-fiction.
L’utilisation des niveaux inférieurs du Corum permet de jouer sur une ambiance claustrophobique et souterraine, thématique centrale de cette nouvelle intrigue. L’architecte Thibault Pinto utilise les lignes de force du bâtiment pour guider l’œil du spectateur et renforcer l’aspect monumental du bunker. Le choix des matériaux, les finitions de peinture imitant des surfaces métalliques usées ou des revêtements composites high-tech, participent à cette illusion. Chaque zone du plateau est pensée pour offrir plusieurs angles de vue aux caméras, permettant ainsi une mise en scène dynamique et variée malgré l’aspect confiné du décor. Cette expertise technique est le fruit de plusieurs semaines de préparation en amont du montage physique sur site.
L’illusion numérique d’un décor de science-fiction
La création d’un futur crédible ne passe pas seulement par les murs et les meubles. Elle nécessite une intégration fine de la technologie dans le quotidien des personnages. Pour Bugarach, cette dimension est portée par une attention toute particulière accordée aux interfaces homme-machine. L’illusion numérique est un pilier de la scénographie moderne, où le virtuel vient compléter le tangible pour donner vie à un univers cohérent. Ce travail commence bien avant l’arrivée sur le plateau, avec la conception graphique des éléments qui apparaîtront à l’écran, et se poursuit par une intégration physique minutieuse durant la phase de construction du décor au Corum.
Une métamorphose technologique d’envergure
La transformation visuelle repose grandement sur le travail minutieux de la régie extérieure. Dans la pénombre du sous-sol, sous la chaleur des bouches d’aération qui rappellent l’activité industrielle du bâtiment, une trentaine d’écrans diffusent des lignes de code et des empreintes digitales afin de créer l’illusion d’un véritable bunker technologique. Audrey Combes-Laget, chargée de la régie, veille personnellement à l’animation de chaque terminal. Sur les tablettes et les moniteurs, des codes défilent et des interfaces de sécurité s’animent de manière fluide. Ce travail de précision sera ensuite repris par les accessoiristes, chargés de manipuler ces technologies factices pendant les prises de vues, garantissant que chaque geste des acteurs soit en phase avec les flux numériques affichés.
Cette installation technologique demande une infrastructure électrique et réseau conséquente, déployée temporairement dans les entrailles du Corum. Les techniciens doivent s’assurer de la stabilité des flux vidéos pour éviter toute interruption durant les prises. La gestion des reflets sur les écrans, la luminosité des dalles par rapport à l’éclairage de scène et la synchronisation des contenus sont autant de défis techniques relevés par l’équipe d’Audrey Combes-Laget. Ces trente écrans ne sont pas de simples éléments de fond, ils participent activement à la narration, fournissant des informations visuelles cruciales pour le déroulement de l’intrigue et renforçant le sentiment d’urgence propre au genre de l’anticipation.
Une course contre la montre millimétrée
Le calendrier de production n’autorise aucun retard, une réalité constante dans l’industrie audiovisuelle où chaque jour de tournage supplémentaire représente un coût significatif. Avec un tournage programmé pour débuter le mardi midi, les équipes ne disposaient que de moins de 48 heures pour achever l’installation globale. Le lundi soir, l’effervescence était palpable dans les sous-sols du Corum, rythmée par le vrombissement des perceuses et l’ouverture des caisses de matériel volumineuses. Pour orchestrer ce ballet de perceuses et de scies sauteuses, les techniciens se réfèrent à des plans d’architecte méticuleusement scotchés sur les murs de béton du Corum. Ces documents de travail sont la boussole de l’équipe, indiquant avec une précision chirurgicale l’emplacement de chaque vis et de chaque câble.
Le producteur de la série, Olivier Compère, supervise ce timing serré où chaque minute est optimisée. Sa présence sur le terrain témoigne de l’importance de cette phase de construction. Il doit s’assurer que les intentions artistiques sont respectées tout en respectant les impératifs budgétaires et temporels. La pression est constante, car dès que le premier « moteur » retentira le mardi midi, le décor devra être parfaitement opérationnel, sécurisé et esthétiquement irréprochable. Cette logistique de l’urgence est le lot quotidien des productions de cette envergure, exigeant des professionnels impliqués une endurance et une réactivité à toute épreuve.
Le secret de la pièce maîtresse
Au-delà de l’aspect purement technique et organisationnel, la création d’un décor de série repose aussi sur la préservation d’une certaine magie. Certains éléments sont si cruciaux pour l’intrigue qu’ils font l’objet de mesures de protection particulières durant la phase de montage. La curiosité des passants ou des employés du Corum est contenue pour éviter toute fuite d’information sur les réseaux sociaux. Cette culture du secret est indispensable pour maintenir l’intérêt du public jusqu’à la diffusion. Les techniciens eux-mêmes sont conscients de l’importance de cette discrétion, travaillant sur des éléments dont ils connaissent la portée narrative sans pour autant en dévoiler les détails à l’extérieur du cercle de production.
Le mystère de la pièce maîtresse
Au bout d’un quai de déchargement, à l’abri des regards indiscrets, le technicien Marcello Urbina Alarcon s’affaire sur une imposante structure en bois, dont la fonction exacte reste jalousement gardée par la production. Ce mystère entoure ce qui est décrit comme l’élément de design le plus crucial du plateau, une pièce maîtresse qui cristallise à elle seule l’esthétique de cette saison 2. L’objectif premier de cette transformation physique reste de susciter un effet de surprise majeur pour les téléspectateurs lors de la diffusion. Ce genre de structure nécessite un savoir-faire artisanal de haut vol, mêlant menuiserie traditionnelle et astuces de décorateur pour donner au bois l’apparence de matériaux bien plus exotiques ou technologiques.
Marcello Urbina Alarcon, par son geste précis et son attention au détail, incarne cette excellence technique nécessaire à la crédibilité des univers imaginaires. La structure qu’il assemble servira probablement de point focal pour de nombreuses scènes clés, nécessitant une solidité à toute épreuve pour accueillir les acteurs et le matériel de prise de vue. Pour apprécier le résultat final de cette métamorphose orchestrée avec passion à Montpellier, le rendez-vous est fixé au début de l’année 2027 sur les écrans de France Télévisions. D’ici là, le Corum aura retrouvé son calme et son usage habituel, ne laissant derrière lui que les images capturées durant ces quelques jours de travail intense dans l’ombre de ses sous-sols.
L’aventure de Bugarach au Corum illustre parfaitement la manière dont le patrimoine architectural urbain peut devenir un allié précieux pour la fiction. En détournant les fonctions primaires des espaces publics, les créateurs de séries parviennent à bâtir des mondes lointains au cœur même de nos cités. Cette collaboration entre la ville de Montpellier, ses lieux emblématiques et les professionnels de l’audiovisuel continue de porter ses fruits, promettant une saison 2 riche en découvertes visuelles et en émotions fortes pour les amateurs de science-fiction française. Le travail accompli en septembre 2026 restera comme un témoignage de l’ingéniosité des techniciens qui, loin des projecteurs, construisent les rêves de demain.
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