L’essentiel
- La production de la saison 2 de Bugarach, la série de science-fiction de France Télévisions, s’est installée dans les sous-sols du Corum de Montpellier.
- Une équipe de constructeurs, peintres et techniciens a relevé le défi de métamorphoser un parking en bunker futuriste en moins de 48 heures.
- Le décor comprend un réseau complexe de trente écrans animés affichant des lignes de code et des relevés d’empreintes digitales.
Pour le tournage de la deuxième saison de la série de science-fiction Bugarach à Montpellier, les équipes de production ont investi les sous-sols du Corum afin d’y bâtir un impressionnant décor futuriste. Sous la direction de l’architecte sétois Thibault Pinto, une dizaine de techniciens chevronnés a œuvré dans l’ombre pour métamorphoser un simple espace logistique en un centre de contrôle de haute technologie. Après avoir débuté les premières prises de vues au sein des studios de Vendargues, l’équipe de production a ainsi investi ce haut lieu culturel montpelliérain pour donner vie aux nouvelles intrigues de la série de France Télévisions. Ce déplacement stratégique vers l’un des monuments les plus célèbres de la métropole héraultaise témoigne de la volonté de la production de mêler des structures architecturales réelles et des conceptions artistiques audacieuses, créant une atmosphère unique propre au genre de l’anticipation. Ce choix permet d’ancrer le récit fantastique dans un contexte géographique et visuel fort, valorisant le patrimoine local tout en répondant aux standards esthétiques exigeants du paysage audiovisuel contemporain.
Un parking métamorphosé en bunker futuriste
La métamorphose d’un parking en bunker futuriste
Dans la pénombre et la chaleur étouffante des bouches d’aération du Corum, l’ambiance habituelle du quai de déchargement a totalement disparu, laissant place à un alignement infini de bureaux de contrôle. Des dizaines d’ordinateurs, de carnets et de claviers ont été rigoureusement disposés pour recréer l’esthétique ultra-réaliste d’un bunker d’anticipation. Pour parfaire cette illusion, la responsable de la régie extérieure, Audrey Combes-Laget, a personnellement veillé à l’animation des terminaux. Le travail de précision repose sur l’animation simultanée de trente écrans sur lesquels défilent des lignes de code complexes et des relevés d’empreintes digitales, autant de détails qui confèrent au lieu une profondeur visuelle remarquable avant que l’accessoiriste de plateau ne prenne le relais. Ces ajouts méticuleux d’éléments technologiques permettent de transformer un espace utilitaire froid en une ruche administrative et scientifique parfaitement crédible pour la caméra. L’accumulation d’accessoires minutieusement sélectionnés contribue à donner de la matière au jeu des comédiens, qui se retrouvent ainsi immergés dans un univers tangible où chaque bouton, chaque fiche technique et chaque écran interactif semblent posséder une utilité réelle dans le fonctionnement de ce centre névralgique.
Le Corum : une architecture propice aux récits d’anticipation
Le choix d’établir ce décor de science-fiction dans les souterrains du Corum souligne la richesse architecturale de la ville de Montpellier, un territoire qui concilie harmonieusement histoire médiévale et audace contemporaine. Conçu par le célèbre architecte Claude Vasconi, le Corum est principalement réputé pour son opéra et ses salles de congrès de standing international. Pourtant, ses sous-sols techniques et ses zones de livraison dissimulent des volumes massifs en béton brut et des structures métalliques imposantes qui évoquent immédiatement les décors des grands récits dystopiques du cinéma mondial. L’utilisation de ces espaces industriels réels permet à la production de s’affranchir des limites géométriques des plateaux de tournage traditionnels en exploitant des perspectives monumentales et une matérialité authentique que seule l’architecture concrète peut offrir aux objectifs des caméras, renforçant ainsi le réalisme de l’œuvre sans recourir abusivement aux effets numériques.
Une course contre la montre avant le tournage
Un défi logistique et technique chronométré
Le calendrier imposé aux équipes artistiques et techniques s’est révélé d’une exigence absolue, ne leur octroyant qu’un délai infime pour finaliser l’intégralité de la structure. L’effervescence a atteint son paroxysme au début de la semaine, à la veille du premier clap fixé par le producteur de la série, Olivier Compère. Dans un ballet parfaitement chorégraphié où résonnaient les scies sauteuses et les perceuses, chaque artisan s’est affairé à sa tâche en s’appuyant sur les croquis et plans techniques fixés aux cloisons. Les équipes ont disposé de moins de 48 heures pour transformer de fond en comble cette infrastructure souterraine et garantir le respect du plan de travail. Ce contre-la-montre permanent exige une coordination sans faille entre les différents corps de métier, de la menuiserie à l’électricité, afin que les peintres décorateurs puissent appliquer les finitions dès que les structures de bois sont solidement ancrées au sol. Cette réactivité exceptionnelle démontre la grande technicité des équipes de l’ombre, capables d’ajuster les plans de construction en temps réel pour surmonter les imprévus inhérents à un tel espace souterrain.
Le mystère de la pièce maîtresse du décor
Au bout du quai de déchargement, à l’écart de l’agitation principale, le technicien Marcello Urbina Alarcon s’est attelé à l’assemblage d’une imposante ossature en bois. Si les détails de cette installation demeurent confidentiels afin de préserver l’effet de surprise lors de la diffusion, sa stature laisse deviner son importance cruciale dans le scénario de cette deuxième saison. Cette structure en bois constitue l’élément de décor le plus important de cette nouvelle production, un secret jalousement gardé par les équipes techniques qui refusent de dévoiler les rouages de cette surprise visuelle majeure. L’art de la menuiserie de cinéma réside précisément dans cette capacité à façonner des volumes impressionnants à partir de matériaux légers et modulables, capables d’être déplacés ou modifiés au gré des exigences de mise en scène. Cette pièce maîtresse attise la curiosité et promet d’être l’un des points d’ancrage visuels de l’intrigue, illustrant parfaitement le lien indéfectible entre l’artisanat physique et la narration dramatique.
L’art de la construction et de la patine pour le grand écran
Pour donner vie à un bunker de science-fiction, la construction brute ne représente que la moitié du chemin à parcourir. L’étape de la patine se révèle absolument cruciale pour ôter l’aspect neuf des matériaux fraîchement sciés et leur conférer un vécu réaliste. Les peintres décorateurs interviennent avec minutie pour appliquer des textures de rouille, de poussière, d’usure prématurée ou d’humidité stagnante sur les parois en bois et les faux métaux. Ce savoir-faire artisanal de haute précision garantit que, même sous l’œil impitoyable des caméras haute définition modernes, l’illusion demeure totale pour le spectateur. Chaque éraflure simulée sur un plan de travail ou chaque nuance de gris appliquée sur une cloison en contreplaqué raconte une histoire silencieuse, participant activement à la construction de l’univers sans qu’aucune ligne de dialogue ne soit nécessaire.
L’ambition visuelle de la série Bugarach à Montpellier
Une nouvelle ambition visuelle pour la fiction française
L’exigence esthétique portée par l’architecte Thibault Pinto et le producteur Olivier Compère témoigne de la montée en gamme des productions de science-fiction françaises. En métamorphosant un parking d’ordinaire dévolu aux poids lourds et aux véhicules de livraison en un laboratoire futuriste saisissant, la série cherche à offrir une véritable signature visuelle à son public. Ce projet d’envergure met en lumière le savoir-faire remarquable des techniciens locaux et la vitalité de l’industrie audiovisuelle en Occitanie, une région devenue au fil des ans une terre d’accueil privilégiée pour les tournages d’envergure nationale et internationale. Le public devra patienter jusqu’au début de l’année 2027 pour découvrir le résultat final de cette métamorphose sur les écrans de France Télévisions et apprécier le travail herculéen de ces artisans de l’ombre qui façonnent l’imaginaire collectif avec autant de passion que de rigueur technique.
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