L’histoire de Ferrari est jalonnée de virages audacieux, de ceux qui redéfinissent l’automobile sportive de luxe. Le 25 mai dernier, Maranello a de nouveau prouvé sa capacité à anticiper et à façonner l’avenir en présentant la Luce, sa toute première berline 100 % électrique. Un nom évocateur, « lumière » en italien, pour un véhicule qui entend éclairer la voie d’un nouveau chapitre pour la marque au cheval cabré. Pourtant, cette innovation majeure, symbole d’une transition inéluctable vers l’électrique, ne fait pas l’unanimité.
Une nouvelle ère pour Maranello
L’annonce de la Ferrari Luce n’est pas une simple présentation de modèle; elle marque une étape stratégique et culturelle sans précédent. John Elkann, président de Ferrari, a souligné l’ampleur de l’événement: « Avec la Ferrari Luce, nous repoussons une fois de plus les limites du possible. Aujourd’hui, nous ne dévoilons pas simplement une nouvelle voiture, nous inaugurons un chapitre qui concrétise notre vision, renforçant ainsi la tradition Ferrari d’anticiper et de façonner l’avenir. » Cette déclaration cristallise l’ambition de Ferrari: concilier son héritage mythique avec les impératifs d’une ère nouvelle, où l’électrique représentera 20 % de son offre d’ici 2030. Un défi de taille pour une maison qui a bâti sa légende sur la mélodie enivrante de ses moteurs thermiques.
La puissance au sommet de l’électrique
Sous son capot, la Luce abrite une mécanique d’exception, digne du pedigree Ferrari. Cette berline électrique ne lésine pas sur la performance, affichant une puissance impressionnante de 1 050 chevaux, distribuée par quatre moteurs électriques indépendants. Sa batterie de 122 kWh, fièrement assemblée à Maranello, lui confère une autonomie de 531 km en cycle WLTP, un chiffre remarquable pour un véhicule de cette catégorie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: un régime atteignant 30 000 tours par minute à l’avant, un sprint de 0 à 100 km/h avalé en seulement 2,5 secondes, et une vitesse de pointe excédant les 310 km/h. La Luce promet ainsi des sensations de conduite résolument Ferrari, même en l’absence de V12.
Innovation technique et engagement durable
Au-delà des performances pures, la Luce est un concentré d’innovation. Le projet intègre plus de 60 nouveaux brevets, témoignant de l’investissement colossal en recherche et développement de la marque. Benedetto Vigna, PDG de Ferrari, a précisé que ce modèle est « au cœur d’un écosystème de collaborations avec des partenaires technologiques d’exception », soulignant une approche collaborative pour repousser les frontières technologiques. L’engagement environnemental n’est pas en reste: l’utilisation généralisée d’aluminium recyclé issu d’alliages secondaires permet de réduire les émissions de CO2 lors de la production d’environ 70 % du poids total du véhicule, qui pèse tout de même 2,26 tonnes. Un effort notable pour une marque dont l’empreinte carbone a souvent été remise en question.
Un design qui bouscule les codes
Mais c’est l’esthétique de la Luce qui a suscité le plus de débats. Il s’agit de la deuxième Ferrari à quatre portes, après le Purosangue, et de la toute première à cinq places, une configuration inédite. Pour insuffler un vent de fraîcheur, Ferrari a confié le design à un expert extérieur, le collectif créatif LoveFrom, dirigé par Sir Jony Ive et Marc Newson, connus pour leurs travaux iconiques chez Apple. Les lignes, futuristes et épurées, contrastent radicalement avec les formes fluides, sculptées et résolument sportives auxquelles les aficionados de la marque sont habitués. Sur les réseaux sociaux, les critiques ont fusé: des commentaires cinglants comme « On dirait un transport en commun », « Enzo Ferrari doit être en train de se retourner dans sa tombe » ou encore « Enlève le logo Ferrari… et qu’est-ce qu’il reste? » traduisent une certaine incompréhension face à cette rupture stylistique.
L’avenir de Ferrari entre défi et ambition
La réception mitigée du design s’est malheureusement reflétée sur les marchés. Le lendemain de la présentation, l’action Ferrari a chuté de -7,8 % à Milan, un signal clair du scepticisme de certains investisseurs. Proposée à plus de 500 000 euros l’unité, la Luce arrive dans un contexte où le volume de ventes de Ferrari a légèrement reculé en 2025, avec 13 640 bolides écoulés, soit 112 de moins qu’en 2024. Néanmoins, le chiffre d’affaires a progressé de +7 % sur la même période, atteignant 7,1 milliards d’euros. La Luce représente un pari stratégique audacieux pour Ferrari, qui doit réussir à convertir sa clientèle exigeante aux vertus de l’électrique tout en ouvrant de nouveaux horizons. Reste à savoir si cette « nouvelle lumière » parviendra à rallier tous les suffrages et à propulser Ferrari vers son ambitieux objectif de 20 % de modèles à batterie d’ici la fin de la décennie.
Fiche technique Ferrari Luce
- Modèle: Ferrari Luce
- Motorisation: 100 % électrique
Puissance: 1 050 chevaux
- Puissance: 1 050 chevaux
- Nombre de moteurs: Quatre, indépendants
Batterie: 122 kWh, assemblée à Maranello
- Batterie: 122 kWh, assemblée à Maranello
- Autonomie (WLTP): 531 km
Accélération (0-100 km/h): 2,5 secondes
- Accélération (0-100 km/h): 2,5 secondes
- Vitesse maximale: Plus de 310 km/h
Poids: 2,26 tonnes
- Poids: 2,26 tonnes
- Innovations: Plus de 60 nouveaux brevets
Design: Collectif LoveFrom (Sir Jony Ive, Marc Newson)
- Design: Collectif LoveFrom (Sir Jony Ive, Marc Newson)
- Prix indicatif: Plus de 500 000 euros
Objectif Ferrari: 20 % de l’offre en modèles électriques d’ici 2030
- Objectif Ferrari: 20 % de l’offre en modèles électriques d’ici 2030