Un hommage inédit à un pionnier de l’art moderne
À la Fondation Dans la lignée des expositions « Icônes de l’art moderne », consacrées aux grands collectionneurs tels que Sergueï Chtchoukine, les frères Mikhaïl Morozov et Ivan Morozov, ainsi que Samuel Courtauld, la Fondation Louis Vuitton poursuit son exploration des figures pionnières qui ont contribué à l’histoire de l’art moderne avec une exposition exceptionnelle: « Gustave Fayet. Collectionneur – Créateur », présentée du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027. Ce projet d’envergure investit l’ensemble des espaces de la Fondation Louis Vuitton et se déploie en deux volets, Gustave Fayet collectionneur et Gustave Fayet créateur, révélant la singularité d’une passion où collection, création et engagement artistique se répondent. L’exposition dessine ainsi le portrait d’un acteur essentiel de la modernité au tournant du siècle et aujourd’hui injustement oublié. L’exposition constitue un événement sans précédent. Elle réunit, d’une part, pour la première fois depuis un siècle, plus de 250 oeuvres d’une collection extraordinaire, aujourd’hui dispersée dans le monde entier et, d’autre part, 374 créations de Gustave Fayet, pour la plupart jamais montrées au public et restaurées pour l’occasion. Fruit d’une enquête de plusieurs années, l’exposition bénéficie du soutien de 64 institutions internationales et 71 collections privées. Cette manifestation inédite, dévoile la personnalité de premier plan que fut Gustave Fayet (1865-1925), à la fois collectionneur passionné, artiste mais aussi créateur fécond et un entrepreneur infatigable dans le domaine des arts décoratifs. Derrière ce nom méconnu se cache en effet l’un des grands défenseurs de l’avant-garde de son temps, un homme qui contribua activement à faire émerger l’art moderne sous toutes ses formes. Gustave Fayet est parmi les premiers à collectionner Van Gogh, à exposer Picasso ou à constituer chez lui, en plein coeur de Paris, un « musée Gauguin », riche de près de 200 oeuvres, où se pressent les artistes et collectionneurs de l’époque. Ami et amateur fervent de Redon, il lui offre l’occasion de réaliser un grand décor, resté secret, dans son abbaye du Midi de la France à Fontfroide. Gustave Fayet n’est pas seulement un collectionneur d’exception qui a rassemblé plus de 750 oeuvres majeures d’art moderne (hors estampes). Il fut aussi dans la deuxième partie de sa vie un créateur dont le succès marque les arts décoratifs du début du XXe siècle. Peintre, aquarelliste, céramiste, décorateur, créateur de tapis, de tissus et de papiers peints, illustrateur de livres, il incarne une génération pour laquelle l’art irrigue tous les aspects de la vie. Ses créations, diffusées dans les plus grandes galeries et importants salons de son époque, séduisent des figures aussi influentes que Paul Poiret, Jacques Doucet ou Jeanne Lanvin. De l’Art nouveau à l’Art déco, Fayet participe pleinement à l’invention d’un nouvel art de vivre où beaux-arts et arts décoratifs fusionnent. Pour Gustave Fayet, collectionner et créer s’unissent dans un même élan. Cette première exposition d’envergure internationale consacrée à cette figure pionnière à bien des égards, dévoile un univers foisonnant et ouvre un nouveau chapitre de l’art moderne et des arts décoratifs du début du XXe siècle. Ce projet ambitieux rassemble au total 728 oeuvres et documents répartis entre les deux volets de l’exposition. Gustave Fayet: la collection présentée sur trois niveaux de la Fondation Louis Vuitton L’exposition met en lumière un ensemble de 10 tableaux de Vincent Van Gogh, 78 oeuvres de Paul Gauguin, de 86 oeuvres d’Odilon Redon, ainsi que des peintures et des pastels d’Edgar Degas, Paul Cézanne, Henri de Toulouse-Lautrec, Pierre-Auguste Renoir, Berthe Morisot, Paul Signac, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard et Henri Matisse. Quelques temps fortsAutoportrait à l’oreille bandée et à la pipe de Vincent Van Gogh.Un des événements marquants de cette exposition est la présentation de l’Autoportrait à l’oreille bandée et à la pipe de Vincent Van Gogh, qui n’a pas été exposé en France depuis 1937 et n’a jamais été prêté pour une exposition depuis 1990. Peint après la rupture dramatique entre Paul Gauguin et Vincent Van Gogh, ce tableau bouleversant montre un artiste blessé mais résolu à continuer à peindre. L’Autoportrait à la palette de Paul Gauguin, lui fera écho: deux visions radicales de l’artiste moderne se répondent ainsi dans un dialogue inédit. Le Christ jaune, Portrait de l’artiste au Christ jaune et Le Calvaire breton: trois chefs-d’oeuvre de GauguinL’exposition réunit Le Christ jaune (1889, Buffalo AKG Art Museum), Portrait de l’artiste au Christ jaune (1890-1891, Musée d’Orsay, Paris) et Le Calvaire breton (1889, Musées royaux des Beaux-Arts deBelgique, Bruxelles), ayant appartenu à Gustave Fayet et à ses proches George Daniel de Monfreid et Maurice Fabre. Trois tableaux, trois collectionneurs du Midi de la France, unis et complices dans leur passion pour Gauguin, trois manières d’autoportrait forment une constellation unique témoignant du rôle décisif joué par Fayet dans la reconnaissance de l’artiste. C’est la première foisque ces trois oeuvres sont réunies en France. Le Jour, La Nuit et Le Silence: un décor extraordinaire d’Odilon RedonAutre moment majeur du parcours, la présentation du décor qu’Odilon Redon peint pour la bibliothèque de l’abbaye cistercienne de Fontfroide, que Fayet achète en 1908 pour la restaurer et transformer en « oeuvre d’art totale ». Les panneaux y sont toujours précieusement conservés. Pour la première fois, Le Jour, La Nuit et Le Silence, véritables testaments artistiques de Redon, sont dévoilés au grand public. Pour Fayet, l’oeuvre et l’amitié du peintre symboliste, lui ouvre la voie d’un art suggestif et spirituel qui nourrit sa propre création. Gustave Fayet créateur: un univers foisonnant, un patrimoine restauré et révélé au dernier étage de la Fondation Un riche ensemble de créations réunis pour la première fois: 49 céramiques, 17 mises en carte, 87 aquarelles sur papier buvard, 15 peintures, pastels et gouaches, et 10 livres illustrés, dont les 42 planches qu’il dessine d’après Mireille, le poème provençal de Frédéric Mistral, et son albumtestament, Fleurs. Quelques temps fortsLa première entreprise artistique de Gustave Fayet: les céramiques et la collaboration avec Louis Paul En 1896, Gustave Fayet lance sa première entreprise dans le champ des arts décoratifs. Avec le peintre et sculpteur Louis Paul (1858-1922), ancien élève de Rodin, il fonde à Béziers un atelier de grès qui produira plus d’une centaine de céramiques jusqu’en 1904. Leur esprit d’initiative est rapidement récompensé: en juin 1898, Fayet présente à Siegfried Bing quelques essais de grès qui séduisent le galeriste parisien, alors à la pointe des recherches décoratives. De la « tache » aux « jardins de la fantaisie »: les aquarelles sur papier buvardVers 1912, après près de dix ans d’interruption, Gustave Fayet reprend le pinceau: l’artiste s’est profondément métamorphosé. À l’univers maîtrisé de ses premiers paysages languedociens succèdent des formes étranges, surgissant dans un monde flottant et indéterminé, aux frontières de l’abstraction. « Une belle tache peut être le point de départ d’un beau dessin », note-t-il, exploitant les hasards de la rencontre entre aquarelle et papier buvard pour faire naître, dans la matière même, un foisonnement de fleurs. Ces oeuvres deviennent bientôt sa signature visuelle, qu’il déclinera ensuite en papiers peints, tissus et tapis. « Plus de lignes géométriques, plus de symétrie…mais de la fantaisie »: les tapis dessinés pour l’Atelier de la DauphineEn 1920, Gustave Fayet fonde à Paris l’Atelier de la Dauphine, destiné à transformer en tapis les « milliers de documents, dessins, aquarelles » accumulés depuis ses premiers buvards en 1912. Ses tapis rencontrent un succès immédiat auprès des amateurs, Jeanne Lanvin, Jacques Doucet, Léon Losseau, les frères Kapferer, Robert de Rothschild ou encore le maharadjah d’Indore… Cette production s’inscrit dans un projet de renouvellement du décor, qui oppose aux motifs géométriques traditionnels une botanique librement inspirée des formes végétales et aquatiques: « Plus de lignes géométriques, plus de symétrie, plus de bouquets de fleurs se répétant […] mais de la fantaisie. Nous n’en mettrons jamais assez dans nos oeuvres. » Chaque tapis se lit ainsi comme un tableau. Restaurations importantes: tapis, cartes préparatoires, robesÀ l’occasion de l’exposition, d’importantes campagnes de restauration ont été menées par la Fondation Louis Vuitton parmi lesquelles figurent les tapis réalisés pour la Maison Léon Losseau à Mons (Belgique), chef-d’oeuvre de l’Art nouveau, ainsi qu’un ensemble de mises en cartes préparatoires, dévoilant un pan de production remarquable. Une dizaine de robes illustrant ses liens avec Paul Poiret, Jacques Doucet et Jeanne Lanvin ont pu être identifiées et restaurées.Avec l’exposition « Gustave Fayet, collectionneur – Créateur », la Fondation Louis Vuitton révèle un continent oublié de l’histoire de l’art moderne et des Arts décoratifs: l’univers fascinant d’un homme dont toute la vie semble avoir été guidée par les mots de son ami André Suarès: « Il a tout fait avec art ». Commissariat, scénographie, publications et programmation associéeSylvie Patry, conservatrice générale du patrimoine et spécialiste internationalement reconnue de l’art de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, est commissaire générale de l’exposition et dirige le catalogue sur la collection de Gustave Fayet.Angeline Scherf, conservatrice à la Fondation Louis Vuitton, assure le commissariat de la section dédiée au créateur ainsi que la direction de son catalogue.La Fondation Louis Vuitton a invité Robert Carsen à imaginer une scénographie sensible et immersive, faisant renaître les multiples mondes de Gustave Fayet. Par le jeu des atmosphères, des couleurs et de l’architecture des espaces, il fait renaître se

