L’essentiel
- L’Hôtellerie des Laquets a rouvert le 25 septembre 2026 après trente ans de fermeture sous le Pic du Midi.
- Situé à 2 620 mètres d’altitude, l’établissement devient le plus haut hôtel de France devant le Refuge de Solaise (2 551 m).
- Le projet de réhabilitation et d’extension a représenté un investissement global de 12,7 millions d’euros.
- L’adresse propose 16 chambres, un espace bien-être et une table signée par le chef étoilé Stéphane Tournié à partir de 599 € la nuit pour deux personnes.
L’Hôtellerie des Laquets, adresse mythique des Pyrénées, a rouvert ses portes le 25 septembre 2026 au terme d’un chantier d’envergure. Perchée à 2 620 mètres d’altitude, juste sous le sommet du Pic du Midi, cette bâtisse historique des années 1930 s’offre une seconde vie spectaculaire et s’empare officiellement du titre de plus haut hôtel de France. Un événement d’importance pour l’hôtellerie de montagne française, qui déplace les frontières du très grand luxe vers les sommets pyrénéens.
Ce projet de longue haleine s’inscrit dans une dynamique de valorisation globale du patrimoine montagnard et scientifique du Pic du Midi. Ce sommet, célèbre dans le monde entier pour son observatoire astronomique, franchit une nouvelle étape en associant l’excellence de la recherche et de l’observation céleste à une offre d’hébergement touristique haut de gamme. La renaissance de cette bâtisse emblématique témoigne de la volonté de sauvegarder l’architecture historique des Pyrénées tout en l’adaptant aux exigences contemporaines d’une clientèle internationale à la recherche d’expériences uniques et immersives au cœur de la nature sauvage.
Le nouveau sommet de l’hôtellerie française
La réouverture de cet établissement marque un tournant historique pour le massif pyrénéen. Longtemps restée dans l’ombre des grands chantiers alpins, la chaîne des Pyrénées démontre ici sa capacité à concevoir des projets d’aménagement d’exception dans des milieux particulièrement sensibles et difficiles d’accès. L’Hôtellerie des Laquets ne se contente pas d’ouvrir ses portes, elle redéfinit les standards de l’hébergement d’altitude en proposant des prestations équivalentes à celles des grands établissements de plaine, tout en surmontant les contraintes physiques imposées par un environnement d’altitude extrême.
La réussite de cette ouverture repose sur une alliance étroite entre préservation de l’environnement, respect du patrimoine architectural d’avant-guerre et déploiement de technologies modernes de pointe. Pour les visiteurs, séjourner aux Laquets n’est pas seulement un acte de villégiature, c’est une véritable immersion dans l’histoire de la conquête des sommets et de l’observation scientifique française, dans un cadre où chaque détail rappelle l’audace des pionniers de la montagne.
Un nouveau record d’altitude dans les Pyrénées
Ce record national était jusqu’alors détenu par le Refuge de Solaise, installé à 2 551 mètres d’altitude dans une ancienne gare de téléphérique à Val d’Isère, en Savoie. En s’élevant 69 mètres plus haut, l’Hôtellerie des Laquets déplace ce record d’altitude des Alpes vers les Pyrénées. Le projet de réhabilitation et d’agrandissement de ce bâtiment fermé depuis 1996 a nécessité un investissement de 12,7 millions d’euros pour transformer cette structure historique en un refuge.
L’histoire de ce site est profondément liée à celle de l’observatoire du Pic du Midi. Construite à l’origine durant les années 1930 pour accueillir les premiers touristes de montagne ainsi que les scientifiques de passage, l’Hôtellerie des Laquets a traversé les décennies avant de subir les outrages du temps et de fermer ses portes à la fin du XXe siècle. Sa fermeture en 1996 avait laissé un grand vide dans le paysage pyrénéen. Les trente années de fermeture qui ont suivi ont nécessité des études techniques approfondies afin de concevoir un projet de réhabilitation capable de résister aux rigueurs du climat de haute montagne, caractérisé par des vents violents, des températures extrêmes et un enneigement exceptionnel pendant de longs mois de l’année.
Chaque soir, ce refuge de très haute tenue accueille 34 privilégiés en formule demi-pension. L’établissement vient compléter l’offre de nuitées déjà proposée au sommet du Pic du Midi (qui accueille 27 personnes par nuit), portant désormais la capacité d’accueil globale du site à 61 personnes par soir. La demande s’annonce exceptionnelle, alors que les nuits au sommet affichent déjà un taux de remplissage annuel supérieur à 96 %. Cette synergie entre les deux sites permet de proposer une offre d’hébergement cohérente et diversifiée, répondant à l’engouement croissant des voyageurs pour le tourisme astronomique et la recherche de déconnexion totale en haute altitude.
Seize chambres suspendues face au vide
Le positionnement de l’hôtel offre une sensation de suspension vertigineuse au-dessus des vallées environnantes. L’aménagement des chambres a été pensé pour maximiser cette relation visuelle avec le vide et la majesté des sommets environnants. Les architectes ont travaillé sur l’orientation de chaque ouverture afin d’offrir des cadrages uniques sur le paysage changeant au fil des heures et des saisons. Les matériaux utilisés pour l’aménagement intérieur privilégient le bois, la pierre et des textiles chauds, créant un contraste saisissant entre la rigueur minérale de l’extérieur et l’atmosphère feutrée et protectrice des espaces de nuit.
Un refuge confidentiel au confort quatre étoiles
L’établissement propose seize clefs, réparties entre une suite exclusive (conçue pour accueillir de deux à quatre hôtes) et quinze chambres doubles raffinées. Fait notable: l’une de ces chambres a été entièrement aménagée pour être accessible aux personnes à mobilité réduite, une prouesse logistique que les installations du sommet ne permettaient pas jusqu’à présent. Toutes les chambres bénéficient d’une salle de bain privative et d’une vue panoramique imprenable sur la chaîne des Pyrénées.
Pour parfaire l’expérience de haute montagne, les hôtes ont accès à un espace bien-être comprenant un sauna et un hammam, ainsi qu’un salon chaleureux agrémenté d’une cheminée et des terrasses idéalement orientées vers le couchant pour contempler le crépuscule sur les cimes. L’intégration de ces équipements de bien-être à une telle altitude a nécessité des trésors d’ingéniosité technique, notamment pour la gestion des fluides, l’isolation thermique et l’approvisionnement en eau dans des conditions de gel prolongé. Les terrasses extérieures, quant à elles, ont été conçues pour offrir un abri relatif contre les vents dominants tout en garantissant un point de vue à 360 degrés sur les sommets environnants.
Le salon avec sa cheminée centrale constitue le véritable cœur social de l’hôtel. Après une journée passée à explorer les sentiers ou à observer les étoiles, les résidents peuvent s’y retrouver pour échanger sur leurs expériences de montagne. L’atmosphère y est celle d’un club privé d’altitude, combinant la convivialité traditionnelle des refuges de montagne avec l’élégance discrète et le service attentionné d’un établissement de prestige. Ce juste équilibre entre simplicité montagnarde et raffinement hôtelier constitue l’identité profonde de cette adresse hors du commun.
Une table gastronomique signée par un chef étoilé
L’offre culinaire s’inscrit dans la même recherche d’excellence que les autres prestations de l’hôtel. Conduire un projet gastronomique à plus de 2 600 mètres d’altitude représente un défi permanent pour les équipes de cuisine. La pression atmosphérique modifie les temps de cuisson et la perception des saveurs, obligeant le chef et sa brigade à adapter constamment leurs recettes et leurs techniques de préparation. De plus, l’approvisionnement régulier en produits frais de haute qualité nécessite une coordination logistique sans faille avec les producteurs locaux des vallées pyrénéennes.
Gastronomie étoilée et accès spectaculaire
L’expérience culinaire est à la hauteur de l’altitude. Le dîner est servi dans un restaurant bistronomique dont la carte a été orchestrée en collaboration avec Stéphane Tournié, chef étoilé des Jardins de l’Opéra à Toulouse. une table d’altitude exigeante et locale, qui accompagne les ambitions de l’établissement, dont le classement en catégorie 4 étoiles est actuellement en cours.
Cette collaboration prestigieuse permet d’ancrer solidement l’établissement dans son territoire d’Occitanie. Le chef Stéphane Tournié met en valeur les richesses de la région à travers des plats qui réinterprètent les classiques de la cuisine de montagne avec une touche contemporaine et aérienne. Les convives peuvent ainsi déguster des plats raffinés tout en observant par les larges baies vitrées le spectacle changeant des nuages et de la roche, transformant chaque repas en un moment de contemplation suspendu dans le temps.
L’accès à ce nid d’aigle se fait de manière spectaculaire: un petit téléphérique à cabine unique relie directement l’hôtel au sommet du Pic du Midi, situé à 2 877 mètres d’altitude. Proposée à partir de 599 € pour deux personnes, la nuitée inclut la demi-pension, la visite du site et l’accès aux installations. Ce moyen de transport aérien exclusif ajoute une dimension supplémentaire à l’aventure des hôtes, qui survolent les pentes escarpées du massif pour atteindre leur destination. Ce voyage dans les airs prépare idéalement à l’atmosphère hors du monde qui caractérise l’Hôtellerie des Laquets, offrant une transition spectaculaire entre la vie de la vallée et le calme absolu des hauts sommets pyrénéens.