L’essentiel
- 10 % : croissance des réservations de voyages individuels chez TUI France cette année.
- 15 % à 20 % : part des voyageurs solos sur les circuits de Climats du Monde.
- 3 % : part du segment solo dans les ventes globales de TUI France.
- 2016 : année de création de l’entreprise Copines de Voyage.
- 90 % : proportion de clients solo optant finalement pour une chambre individuelle payante.
L’essentiel
- Les réservations de voyages individuels affichent une croissance de 10 % chez TUI France cette année.
- Chez Climats du Monde, les voyageurs solos représentent entre 15 % et 20 % de la clientèle sur les circuits.
- 90 % des clients s’inscrivant via des offres solo finissent par opter pour une chambre individuelle payante.
L’industrie du tourisme traverse une phase de mutation profonde sous l’impulsion d’une clientèle dont les modes de consommation évoluent radicalement. Longtemps perçue comme une niche ou une contrainte logistique par les voyagistes traditionnels, la figure du voyageur solo s’impose désormais comme un levier stratégique de croissance. Séduire ces voyageurs qui souhaitent partir seuls sans pour autant se retrouver isolés implique une révision complète des prestations touristiques. Cette transformation ne se limite pas à une simple grille tarifaire ; elle touche l’ADN même du produit touristique.
De la taille des groupes à la conception même des séjours, en passant par la gestion complexe des hébergements, les opérateurs dépassent désormais la simple question du supplément individuel pour s’adapter à une clientèle solo en forte mutation. Il s’agit de répondre à un besoin d’autonomie tout en garantissant un cadre sécurisant et convivial. Les voyagistes doivent jongler entre le désir de liberté individuelle et la logistique de groupe, un équilibre délicat qui redéfinit les standards du secteur, du trekking en haute montagne aux circuits culturels en Asie ou en Afrique.
Une dynamique portée par de nouveaux profils de voyageurs
Le marché du voyage en solo ne se résume plus aux clichés traditionnels. L’analyse des données de réservation révèle une sociologie complexe. Chez Copines de Voyage, entreprise fondée en 2016 sur un concept communautaire novateur, le modèle repose entièrement sur l’alliance entre indépendance et vie de groupe. L’originalité du profil de ces voyageuses bouscule les idées reçues : les clientes ne sont pas nécessairement célibataires. On observe une proportion croissante de femmes en couple ou mères de famille qui choisissent de partir seules lorsque leur entourage n’est pas disponible, ou simplement pour s’octroyer une parenthèse personnelle centrée sur leurs propres centres d’intérêt.
Cette tendance se vérifie également chez les géants du secteur. Du côté de TUI France, la dynamique est particulièrement vigoureuse sur l’exercice 2026. Le segment solo y représente désormais 3 % des ventes globales, si l’on exclut les familles monoparentales qui constituent une catégorie à part entière. Cette performance est soutenue par une hausse de 10 % des réservations individuelles d’une année sur l’autre, témoignant d’un changement structurel de la demande. L’offre « Partez Solo » de la marque Nouvelles Frontières, emblématique du voyage d’aventure et de découverte, répond précisément à cette demande en permettant d’éviter le supplément sous réserve d’accepter un hébergement partagé avec un autre voyageur du même sexe.
S’inscrire seul sans rechercher l’isolement
L’appétence pour le voyage en solitaire ne signifie pas pour autant une recherche d’autarcie totale. Chez Allibert Trekking, spécialiste historique de la randonnée, les voyageurs qui s’inscrivent seuls sur des circuits accompagnés représentent une part majeure des effectifs. Ce n’est pas tant le désir de solitude qui motive ces départs, mais plutôt la volonté de partager une expérience technique ou culturelle avec des pairs partageant la même passion pour l’effort et la nature. Cette évolution reflète mécaniquement la progression démographique des ménages d’une personne en France, mais aussi une plus grande confiance des voyageurs dans leur capacité à s’intégrer à un collectif éphémère.
En parallèle, la technologie joue un rôle de facilitateur majeur. La randonnée en autonomie, autrefois réservée aux experts de l’orientation, séduit une nouvelle frange de clients solos. Ces derniers sont aidés par le déploiement d’outils digitaux performants. Allibert Trekking propose ainsi des roadbooks électroniques intégrant une navigation GPS hors ligne, ce qui lève les freins psychologiques liés à la sécurité et à l’égarement, permettant ainsi à des voyageurs seuls de s’élancer sur des sentiers balisés avec une sérénité accrue.
Des attentes sur mesure selon les parcours
La segmentation de l’offre devient cruciale car les attentes varient considérablement selon la typologie des parcours et la zone géographique concernée. Sur les circuits accompagnés d’Allibert Trekking, la proportion de femmes seules s’avère particulièrement marquée, confirmant une tendance mondiale où les femmes sont souvent les pionnières du voyage solo. À l’inverse, les séjours en liberté, qui demandent une gestion logistique plus autonome sur place, attirent un public plus jeune, habitué à l’usage des applications mobiles et à la résolution de problèmes en temps réel.
La taille du groupe est le second levier de personnalisation. Chez Copines de Voyage, l’effectif rassemble environ 70 % de voyageuses solo, le reste étant composé de duos d’amies. Pour garantir que l’expérience ne soit pas diluée par une masse trop importante de participants, les groupes y sont délibérément limités à dix personnes. La moyenne constatée sur le terrain s’établit à huit participantes, un chiffre jugé optimal pour privilégier la cohésion d’équipe et permettre à l’accompagnateur ou au guide local de consacrer du temps à chaque membre. Cette approche « petit groupe » transforme le circuit en une aventure humaine où les liens se tissent rapidement.


