La Nautilus fête ses cinquante ans. En 1976, Patek Philippe bousculait les codes de la Haute Horlogerie en lançant une montre sportive en acier dessinée par Gérald Genta. Un demi-siècle plus tard, la manufacture genevoise célèbre son icône avec quatre éditions limitées dévoilées à Watches and Wonders 2026, toutes fidèles à la pureté du dessin originel.
L’essentiel
- Patek Philippe célèbre les 50 ans de la Nautilus (1976-2026) avec quatre éditions limitées présentées à Watches and Wonders 2026.
- Deux modèles Jumbo de 41 mm en or gris (réf. 5810/1G-001 et 5810G-001), le retour d’un format médium de 38 mm en platine (réf. 5610/1P-001) et une pendule de bureau inédite (réf. 958G-001).
- Les montres bracelet reprennent le calibre extra-plat 240, apparu en 1977.
- La référence 5610/1P-001 en platine n’affiche que 6,9 mm d’épaisseur · la pendule 958G-001 est limitée à 100 exemplaires, avec huit jours de réserve de marche.
- Chaque garde-temps porte la gravure commémorative « 50 · 1976-2026 » sur son mécanisme et renonce à toute complication.
Une audace révolutionnaire en 1976
Proposer une montre de sport en acier au prix d’une montre en or relevait, à l’époque, de la provocation. Lorsque Patek Philippe présente la Nautilus référence 3700 en 1976, la manufacture prend un risque considérable. La Haute Horlogerie se pense alors précieuse, habillée d’or et cantonnée aux tenues de soirée. La Nautilus, elle, assume une allure décontractée et un métal jusque-là réservé aux garde-temps utilitaires. Le pari, longtemps discuté, deviendra l’un des plus grands succès de l’histoire de la maison.
Le génie de Gérald Genta, entre forme et fonction
Le dessin est signé Gérald Genta, déjà auteur de la Royal Oak d’Audemars Piguet. La légende veut qu’il ait croqué la Nautilus en quelques minutes, s’inspirant des hublots des paquebots transatlantiques. De cette silhouette naît une lunette octogonale aux angles adoucis, flanquée de deux « oreilles » latérales évoquant les charnières d’un sabord. Le bracelet intégré prolonge le boîtier dans une continuité parfaite, tandis que le cadran strié horizontalement capte la lumière comme une coque de navire. Chaque détail conjugue robustesse et élégance, sans jamais céder à l’ostentation.
Quatre éditions pour un cinquantenaire
Pour marquer l’anniversaire, Patek Philippe a choisi la retenue plutôt que la surenchère. Les deux modèles Jumbo de 41 mm renouent avec le grand format d’origine, en or gris et animés par le calibre extra-plat 240. La référence 5810/1G-001 se porte sur bracelet métallique, quand la 5810G-001, limitée à mille pièces, mise sur un cadran bleu soleillé, des index sertis de diamants baguette et un bracelet composite façon textile. La référence 5610/1P-001, elle, ressuscite le format médium de 38 mm des années 1980 dans un boîtier de platine de 6,9 millimètres seulement, tiré à deux mille exemplaires.
La pendule de bureau, un geste inédit
La surprise du cinquantenaire tient en une pièce hors norme : la référence 958G-001, première pendule de bureau à porter le nom Nautilus. Elle transpose les codes de la montre à une nouvelle échelle, avec un boîtier d’or gris de 50,65 millimètres coiffé d’un cadran bleu soleillé serti de diamants baguette. Son mouvement à remontage manuel, doté d’un calendrier instantané et d’un indicateur de réserve de marche, offre huit jours d’autonomie. Réservée à cent collectionneurs, elle prolonge la silhouette culte sur un bureau plutôt qu’au poignet.
Notre regard
En renonçant aux complications et à l’acier pour ce cinquantenaire, Patek Philippe signe un hommage d’une rare cohérence : celui d’une maison qui préfère honorer un dessin plutôt que le réinventer. La Nautilus n’avait pas besoin d’artifices pour rappeler pourquoi elle demeure, cinquante ans plus tard, l’une des montres les plus désirées au monde. Ces quatre éditions, forcément confidentielles, confirment que la vraie audace consiste parfois à ne rien changer.


