L’essentiel
- La 70e cérémonie du Ballon d’Or aura lieu le lundi 26 octobre 2026 au London Palladium, à Londres (21 h à Paris). Le trophée n’a aucun prix officiel : il ne se vend pas et n’est fabriqué que pour son lauréat.
- Depuis 1956, il sort de l’atelier de la maison Mellerio, au 9, rue de la Paix à Paris, comme l’indique la maison elle-même.
- Il n’est pas en or massif : deux demi-sphères de laiton soudées, ciselées puis plongées dans un bain d’or, montées sur un bloc de pyrite. Il faut près d’une centaine d’heures de travail, commencées six mois avant la livraison.
- La seule référence de prix connue reste caritative : en octobre 2017, une réplique du Ballon d’Or 2013 de Cristiano Ronaldo a été adjugée 600 000 € au profit de la fondation Make-A-Wish.
- L’horloger suisse Vanguart figure parmi les sponsors affichés sur le site officiel. Parmi les 30 nommés, Kylian Mbappé est ambassadeur de Hublot et Erling Haaland de Breitling.
Une sphère dorée posée sur un rocher aux reflets métalliques : le Ballon d’Or est sans doute le trophée individuel le plus photographié du sport. Lundi 26 octobre 2026, pour sa 70e édition, il quittera Paris pour le London Palladium, en hommage à son tout premier lauréat, l’Anglais Stanley Matthews. Une question revient chaque automne : combien vaut ce trophée ? La réponse tient moins au métal qu’à la main qui le façonne, celle d’une maison de joaillerie parisienne.

Mellerio, l’orfèvre de la rue de la Paix
Le Ballon d’Or est né d’une commande. Selon Mellerio, le journal L’Équipe, déjà client de la maison, lui demande en 1956 de créer un trophée pour récompenser le meilleur joueur européen de l’année. Depuis cette date, chaque Ballon d’Or est façonné dans l’atelier du 9, rue de la Paix. La maison a d’abord été orfèvre : ses fondateurs, venus d’Italie, se sont installés en France dès 1515 et vendaient boîtes en argent et tabatières à la Cour.
Mellerio, qui se présente comme le plus ancien joaillier au monde encore familial et indépendant, signe aussi d’autres trophées du sport français. Elle cite le Chausson d’Or dès 1955, puis les coupes de Roland-Garros depuis 1981, que nous avons racontées au printemps. La maison est aujourd’hui présidée par Laure-Isabelle Mellerio, quatorzième génération de la famille.

Laiton, bain d’or et pyrite : la recette
Premier élément de réponse au « combien » : le Ballon d’Or n’est pas en or massif. D’après la description publiée par Mellerio, l’orfèvre soude d’abord deux demi-sphères de laiton, puis y découpe une ouverture qui permettra d’enchâsser le ballon sur son socle. Le ciseleur remplit ensuite la sphère d’une matière appelée « ciment » et repousse le métal le long d’un tracé préparé à l’avance pour faire apparaître les coutures. Reproduire à l’identique les trente-deux panneaux d’un ballon de football demande à lui seul environ quinze heures.
Viennent le polisseur, puis le graveur, qui inscrit à la main le logo de France Football et l’année de l’édition. Le ballon est alors plongé dans un bain d’or avant de revenir chez l’orfèvre pour le montage final sur un bloc de pyrite. Ce minéral est choisi par l’expert en pierres de la maison, puis arasé par un glypticien pour épouser parfaitement la plaque de laiton doré sur laquelle repose tout le trophée. Selon Mellerio, chaque socle est unique et le procédé n’a pas changé depuis 1956 : près d’une centaine d’heures de travail, commencées six mois avant la livraison.

Combien pèse-t-il ? Ni Mellerio ni les organisateurs ne publient son poids ou ses dimensions. Les chiffres qui circulent, de dix à quinze kilos environ selon que l’on compte ou non le socle, ne sont confirmés par aucune source officielle.

Soixante-dix ans d’histoire en vitrine
Le premier Ballon d’Or a été attribué le 18 décembre 1956 à Stanley Matthews, ailier de Blackpool âgé de 41 ans, qui reste le plus âgé des lauréats, rappelle le site officiel du trophée. Réservé à l’origine aux footballeurs européens, il s’est ouvert en 1995 à tout joueur évoluant en Europe, puis en 2007 aux joueurs du monde entier, selon la notice du Musée national du sport. De 2010 à 2015, il a été fusionné avec la distinction de la FIFA sous le nom de FIFA Ballon d’Or, avant de redevenir le trophée de France Football. Un Ballon d’Or féminin est décerné depuis 2018 et, depuis 2024, la récompense est coorganisée par France Football et l’UEFA.
Les trophées sont devenus des pièces de musée. Le plus rare reste le Super Ballon d’Or, pièce unique remise en 1989 à Alfredo Di Stéfano. Il est exposé au musée du Real Madrid entre les deux Ballons d’Or de l’Argentin, gagnés en 1957 et 1959.


Pourquoi le trophée n’a pas de prix
Aucune maison de ventes ni l’organisateur n’a publié d’estimation du Ballon d’Or, et pour cause : il n’existe pas de marché. Le trophée n’est pas commercialisé, chaque exemplaire est gravé pour une édition et revient à son lauréat. Sa valeur tient à la provenance et au savoir-faire, pas au poids du métal. Du laiton, une fine couche d’or et un bloc de pyrite ne disent rien du prix qu’un collectionneur serait prêt à payer.
La seule vente documentée reste caritative. En octobre 2017, une réplique du Ballon d’Or 2013 de Cristiano Ronaldo, offerte par le joueur, a été adjugée 600 000 € lors du gala « Art of Wishes » de la fondation Make-A-Wish, à l’hôtel Dorchester de Londres. Ce montant, gonflé par la cause défendue, ne peut servir d’estimation. Quant au tout premier trophée, celui de Stanley Matthews, il a été exposé à partir de 2015 au National Football Museum de Manchester. Selon sa famille, il y retrouvera sa place après un projet de vente aux enchères abandonné.
Vanguart, l’horloger de la vitrine officielle
Pas de cérémonie de luxe sans montre. Le site officiel ballondor.com affiche aujourd’hui quatre sponsors : Adidas, Topps, Hankook et l’horloger suisse Vanguart, seule maison horlogère de la liste. Vanguart est la jeune manufacture de la Black Hole Tourbillon et de l’Orb, deux montres à complications aux lignes futuristes. Ni l’organisateur ni la maison ne détaillent la nature exacte du partenariat (chronométrage, montre offerte au lauréat) : nous ne l’affirmons donc pas. La marque s’était déjà illustrée cet été avec les sept pièces commandées par Sam Altman.
Avant elle, l’horloger genevois Purnell, spécialiste du tourbillon, s’est présenté comme partenaire officiel du Ballon d’Or à partir de 2021. Il a créé des pièces uniques pour les lauréats des éditions suivantes.

Hublot et Breitling au poignet des nommés
Nous ne retenons ici que les contrats d’ambassadeur annoncés par les maisons. Kylian Mbappé, nommé pour le Ballon d’Or 2026, est ambassadeur de Hublot depuis 2018. Dans un communiqué du 9 septembre 2025, la maison le présentait encore comme « l’ambassadeur Hublot », lors du lancement de la Classic Fusion Chronograph UEFA Champions League Titanium. Ce chronographe de 42 mm en titane est limité à 100 exemplaires.
Erling Haaland, également nommé, est ambassadeur de Breitling. La maison a dessiné avec lui une Chronomat à cadran en météorite de Muonionalusta, une première pour Breitling. La Chronomat Automatic GMT 40 Erling Haaland, en acier avec lunette en platine, est limitée à 500 exemplaires. Breitling l’affiche à 9 800 € sur bracelet caoutchouc et 10 200 € sur bracelet Rouleaux métal (prix relevés sur son site français le 11 octobre 2026). Une version Chronomat B01 42 en or rouge 18 carats est limitée à 250 exemplaires. Pour les autres nommés, nous n’avons trouvé aucun contrat d’ambassadeur horloger annoncé officiellement.

Londres, le Palladium et le programme
La soirée se tiendra le lundi 26 octobre 2026 au London Palladium, sur Argyll Street. C’est la première fois que la cérémonie se tient à Londres, rappelle l’UEFA. Le site officiel précise qu’elle avait lieu depuis 2019 au Théâtre du Châtelet, à Paris. Le tapis rouge est prévu de 18 h à 19 h 40, heure de Londres (19 h à 20 h 40 à Paris), puis la cérémonie de 20 h à 22 h (21 h à 23 h à Paris). La conférence de presse des lauréats est annoncée à partir de 22 h 30 à Londres. Trente joueurs et trente joueuses sont en lice pour les deux Ballons d’Or.



