L’essentiel
La tournée estivale de biathlon en Norvège a offert un spectacle haletant lors des épreuves réservées aux jeunes talents de la catégorie U21. Réunis dans le cadre prestigieux du Blink Festival, les futurs grands noms de la discipline se sont affrontés sur les pistes en bitume de Sandnes lors d’un prologue sous forme de contre-la-montre particulièrement sélectif.
- Ismaël Croizier prend la cinquième place du prologue U21 lors du Blink Festival à Sandnes.
- Le Savoyard s’assure ainsi un billet direct pour la finale A en mass-start.
Cette performance remarquable permet au jeune athlète français d’aborder la suite de la compétition avec sérénité et ambition. En se hissant parmi les cinq meilleurs biathlètes de ce tour de qualification, il évite les repêchages complexes et s’installe directement aux avant-postes pour l’explication finale.
Le Blink Festival de Sandnes, rendez-vous incontournable du biathlon estival
Chaque été, la ville norvégienne de Sandnes se transforme en épicentre des sports nordiques d’été. Le Blink Festival y rassemble l’élite mondiale du ski de fond et du biathlon pour des affrontements intenses sur ski-roues. Dans ce cadre urbain singulier, le tracé dessiné au cœur de la cité impose aux organisateurs et aux concurrents des exigences techniques très particulières. L’enrobé des rues norvégiennes offre une adhérence radicalement différente de la neige fraîche, poussant les athlètes à ajuster leurs appuis et leur poussée de bâton.
Pour les jeunes biathlètes de la catégorie U21, ce rassemblement constitue un test grandeur nature d’une importance capitale. En pleine période de préparation estivale, alors que les charges de travail physique sont élevées en vue de la saison hivernale, se mesurer aux meilleurs spécialistes scandinaves permet de situer précisément son niveau de forme. La pression du public amassé le long des barrières de sécurité reproduit fidèlement la ferveur des grandes étapes de Coupe du monde ou d’IBU Cup.
Le format du prologue, disputé sous forme d’effort individuel chronométré, ne laisse aucune place à la tactique ou à l’aspiration. Chaque compétiteur doit gérer seul son effort, du premier coup de bâton jusqu’au passage de la ligne, tout en maintenant une lucidité extrême au pas de tir pour faire basculer les cibles noires.
- Avec un tir à 8/10, Paul Cartier termine dix-huitième et rejoint la finale B.
Dans une confrontation où le niveau général s’avère particulièrement serré, la moindre fraction de seconde perdue sur la piste ou face aux cibles se paie au prix fort. Paul Cartier en a fait l’amère expérience lors de ce prologue U21. Malgré une prestation solide au pas de tir, matérialisée par un score très honorable de 8/10, le jeune tricolore n’a pas pu valider son ticket direct pour la grande finale.
Sa dix-huitième place au classement général le contraint à passer par la finale B. Dans ce tableau de consolation très disputé, il aura l’occasion de régler à nouveau sa mire et de faire parler sa puissance physique pour aller chercher le meilleur résultat possible sur le bitume scandinave.
Lors du à Sandnes, le Français Ismaël Croizier a décroché sa qualification pour la finale U21 de biathlon en terminant cinquième du prologue disputé en contre-la-montre sur un circuit urbain de 1,1 kilomètre.
Ce circuit court et extrêmement dynamique exigeait une relance permanente. Avec trois tours complets à effectuer pour avaler la distance globale du prologue, les organismes ont été poussés dans leurs derniers retranchements dès les premiers mètres de course. La gestion des virages serrés en centre-ville, associée au passage sur les bandes d’asphalte parfois glissantes, a sélectionné les meilleurs techniciens du peloton international.
Un rythme de course impressionnant dans les rues de Sandnes
Engagé sur la boucle norvégienne à parcourir à trois reprises, Ismaël Croizier a rapidement imposé son tempo. Très véloce sur ses rollerskis, le représentant du SC Peisey-Vallandry occupait la tête de la course à mi-parcours avant d’aborder la seconde séance de tir.
Le biathlète issu du comité de Savoie a fait étalage de toute son aisance technique sur le bitume norvégien. Formé sur les hauteurs de la station savoyarde au sein du SC Peisey-Vallandry, le jeune homme possède une qualité de glisse et une puissance de poussée particulièrement adaptées au biathlon d’été. Dès le premier intermédiaire chronométrique, il a montré qu’il était en mesure de rivaliser avec les plus grands espoirs nordiques.
Sa première partie de course, menée tambour battant, a marqué les esprits. Abordant le pas de tir pour le premier tir couché avec assurance, il a su conserver une fréquence de ski élevée sur le premier tour de 1,1 kilomètre. Cette entame idéale lui a permis d’installer son nom au tout premier rang provisoire à la mi-course, prouvant ainsi la qualité de sa préparation estivale et son excellente condition physique actuelle.
La victoire de Leo Gundersen face aux cibles
Malgré trois erreurs lors du passage debout sanctionnant son score global à 6/10, le jeune Français a limité le retard sur la ligne d’arrivée. Il concède 48,1 secondes au Norvégien Leo Gundersen, auteur d’un tir solide à 7/10 pour s’adjuger la première place du prologue.
Le passage au tir debout, toujours délicat lorsque le rythme cardiaque est au plus haut après un effort intense en rollerski, s’est révélé décisif pour le dénouement de ce contre-la-montre. Entré sur le pas de tir avec l’un des meilleurs temps de ski, Ismaël Croizier a commis trois fautes face aux cibles basculantes. Ces balles hors cible l’ont contraint à effectuer les anneaux de pénalité ou à subir les majorations de temps correspondantes, freinant sa dynamique vers la victoire.
Cependant, sa fin de course sur le troisième et dernier tour de 1,1 kilomètre a été exemplaire. En remettant du rythme sur les lattes, le Savoyard a comblé une partie de son retard pour couper la ligne d’arrivée au cinquième rang absolu. Le Norvégien Leo Gundersen, parfaitement réglé devant son public, a su dompter la pression locale. Avec un score de 7/10 au tir, Gundersen s’empare de la première place du prologue avec 48,1 secondes d’avance sur Croizier, démontrant la grande régularité des fondeurs scandinaves sur leurs terres.
Le destin contrasté de Paul Cartier en finale B
Pour Paul Cartier, le bilan derrière la carabine s’est révélé plus précis avec une carte à 8/10. Néanmoins, l’écart chronométrique au passage de la ligne le relègue au dix-huitième rang, manquant le cut de la grande finale pour quelques secondes seulement.
La dure réalité du biathlon moderne s’est rappelée au bon souvenir du jeune athlète français. En signant une prestation appliquée sur le pas de tir avec seulement deux erreurs sur dix balles engagées, Paul Cartier affichait pourtant l’un des tirs les plus propres de la journée. Malheureusement pour lui, le temps de ski nécessaire pour boucler les 3,3 kilomètres cumulés du tracé urbain n’a pas suffi à compenser les petites secondes perdues sur la piste.
Séparé du wagon de tête par un écart minime, Cartier voit la qualification pour la finale A lui échapper pour un souffle. Ce classement au dix-huitième rang le propulse en finale B, une course où la hargne et le désir de revanche constituent souvent de puissants moteurs. Il y retrouvera d’autres concurrents piégés par la haute densité de ce prologue, avec la ferme intention de prouver la valeur de son niveau de forme actuel.
Gestion du tir et contraintes physiques du biathlon sur rollerskis
L’effort produit lors d’une épreuve de biathlon d’été sur rollerskis diffère considérablement des courses disputées sur la neige en hiver. L’absence de glisse naturelle propre au manteau neigeux oblige les athlètes à déployer une force musculaire accrue dans les membres supérieurs et le buste. Sur un circuit de 1,1 kilomètre parcouru à trois reprises, les relances incessantes en sortie de virage sollicitent énormément le système cardiovasculaire.
Arriver sur le pas de tir de Sandnes avec une fréquence cardiaque proche du maximum constitue l’un dei défis majeurs de l’épreuve. La transition entre l’effort physique intense sur le bitume et la stabilité nécessaire pour tenir la carabine de 22 Long Rifle exige une maîtrise mentale totale. Un simple battement de cœur trop rapide ou une respiration mal synchronisée peut faire dévier la balle de quelques millimètres, suffisant pour manquer la cible ronde et accumuler du retard au tableau d’affichage.
Les enjeux de la mass-start au Blink Festival 2026
Grâce à son rang dans le top 5, Ismaël Croizier aborde la finale en mass-start avec de légitimes ambitions face à l’élite mondiale des catégories juniors. Ce test estival sur le bitume scandinave offre une précieuse confrontation sous haute pression avant les échéances hivernales.
Le format de la mass-start, ou départ regroupé, promet une explication au coude-à-coude d’une rare intensité. Contrairement au contre-la-montre individuel du prologue, tous les finalistes s’élanceront côte à côte. Sur un parcours urbain aussi étroit que celui de Sandnes, le placement au sein du peloton, la gestion des trajectoires et la rapidité d’exécution lors des passages au stand de tir joueront un rôle déterminant.
En s’imposant au cinquième rang de cette phase qualificative, Ismaël Croizier s’est offert une place de choix sur la grille de départ. Le sociétaire du SC Peisey-Vallandry dispose de tous les atouts pour jouer les premiers rôles face aux redoutables compétiteurs norvégiens et internationaux. Au-delà du résultat brut, cette confrontation en confrontation directe sert de répétition générale en vue de la préparation de la future saison d’hiver, emmagasinant une expérience précieuse au plus haut niveau de la catégorie U21.


