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L’Élégance Redéfinie : Le Clarence, Ode Gourmande au Cœur de Paris

Dans cet article, découvre Le Clarence, emblématique hôtel particulier parisien sublimé par la vision audacieuse du chef Andrea Capasso, pour une expérience gastronomique étoilée.

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Un décor grandiose qui en impose, un hôtel particulier où l’histoire rencontre la haute gastronomie, Le Clarence incarne à merveille l’excellence de l’art de vivre à la française. Érigé en 1884 à quelques pas des mythiques Champs-Élysées, cette demeure d’exception n’est autre que la propriété du Grand-Duc du Luxembourg, également illustre propriétaire des vignobles légendaires Château Haut-Brion, Mission Haut-Brion et Château Quintus. Cette prestigieuse filiation confère au lieu une aura singulière, perceptible bien avant de franchir le seuil de ce temple culinaire du 8ème arrondissement de Paris. Sur cinq étages, l’édifice déploie tout l’apparat et le raffinement dignes de son rang, offrant un cadre majestueux et intemporel.

Il est naturel qu’un tel écrin attire une clientèle internationale, aisée et exigeante, en quête de cette quintessence de l’élégance et de la gastronomie française, tant vantée à travers le monde. De fait, les touristes éclairés constituent une part prépondérante de la clientèle, venus chercher une immersion dans ce luxe discret et cette perfection du service.

Ouvert au public en novembre 2015, Le Clarence est né d’une ambition singulière : fusionner une cuisine française contemporaine et inventive avec le cadre feutré et grandiose d’un hôtel particulier de grand style. Une gageure brillamment relevée, puisque sous la houlette de Christophe Pelé, le restaurant fut récompensé dès sa première année par deux étoiles au Guide Michelin et salué par le prestigieux classement des 50 Best. Une ascension fulgurante qui a assis sa réputation d’adresse incontournable.

L’automne dernier a marqué un tournant. Christophe Pelé ayant choisi de s’envoler vers de nouvelles aventures culinaires en Bretagne, la tâche exigeante de lui succéder a été confiée à son second, Andrea Capasso. Un chef d’origine italienne, mais parisien de cœur, qui a patiemment gravi tous les échelons aux côtés de son prédécesseur durant six années. Son mentor, Ricardo Camanini, le surdoué chef du Lido 8 & ½ en Italie, a sans doute insufflé à Andrea cette intelligence, cette patience et cette délicatesse qui transparaissent dans sa cuisine. Un défi de taille, que le jeune chef semble parfaitement préparé à relever avec une assurance tranquille.

Pour l’épauler dans sa mission, une équipe de salle de grand talent officie avec brio, orchestrée par Charles Weyland et Cyril Bossard. Ces deux maîtres d’hôtel ne manquent ni d’idées, ni d’initiatives pour faire briller davantage encore ce restaurant étoilé qu’ils ont entre les mains, assurant un ballet impeccable et un service d’une élégance rare.

Installés dans la salle-à-manger du premier étage, une légère effervescence nous gagne, mêlée d’un sentiment d’intimidation respectueuse, un peu comme à la veille d’une première à l’Opéra de Vienne. Une coupe de champagne Chartogne-Taillet, aux bulles fines et persistantes, accompagnée de quelques gougères aériennes, prépare les papilles à la découverte.

Les préludes culinaires arrivent sous forme d’amuse-bouche, présentés avec un art consommé sur un plateau d’argent. Un samossa et des vernis, d’un effet visuel des plus élégants, ouvrent le bal. S’ensuivent, dans une coupelle d’argent délicatement ouvragée, un tourteau frais relevé de kiwi et de nori, avec une pointe de yuzu kosho pour éveiller l’ensemble, ainsi qu’une praire magnifiée dans une nage de pomme verte. Une entame remarquablement réussie, qui annonce une suite prometteuse.

La dégustation se poursuit avec des noix de Saint-Jacques de plongée, mariées à un gwell à la betterave et des puntarelle. Le dressage est superbe, un véritable tableau dans l’assiette, et l’ensemble s’avère très plaisant. Toutefois, en comparaison avec l’audace des amuse-bouches, on perçoit ici une légère retenue dans l’expression des saveurs, un soupçon de timidité. Vient ensuite la caille, servie en deux façons, qui, sous des airs classiques, révèle une exécution parfaite et des associations plus inattendues qu’il n’y paraît. Escortée d’un Vosne-Romanée d’exception, cette création ne pouvait qu’emporter notre adhésion enthousiaste, s’inscrivant comme un moment fort du repas.

La conclusion sucrée, un dessert intitulé « Tagliatelle pomme et châtaigne », s’avère être une véritable apothéose gourmande. Une crème onctueuse à la châtaigne et à la vanille de Tahiti se mêle à des éclats de châtaigne croquants et à des tagliatelles de pomme subtilement imprégnées. Une création d’une finesse et d’une inventivité telles que l’on ne peut s’empêcher de rêver de pouvoir en dérober la recette !

Le repas s’achève en beauté, avec le café et des mignardises exquises servis dans un salon à l’étage, baigné par un rayon de soleil et offrant une vue imprenable sur le Grand Palais. Chaque assiette au Clarence est une célébration du produit, rigoureusement sélectionné, travaillé avec une précision d’orfèvre et présenté dans une interprétation claire, parfois inattendue, agrémentée de satellites gustatifs, mais jamais démonstrative. Les accords terre-mer, signature emblématique du Clarence, trouvent sous la direction d’Andrea Capasso une expression recentrée sur la lisibilité et la pureté du goût. Si la maîtrise et la saveur sont incontestables, nous espérons voir à l’avenir la personnalité du chef s’affirmer avec plus d’audace encore, et que ses délicates touches italiennes emportent ce joyau des Champs-Élysées vers des horizons toujours plus novateurs.

L’établissement abrite également la cave du Château, un trésor méconnu du grand public mais l’une des plus belles de Paris. Sa sélection éclectique et curieuse, allant des petites pépites dénichées avec passion aux très grands crus de renom, est un véritable plan en or pour les amateurs éclairés avant un dîner dans le quartier. Par ailleurs, Le Clarence met à disposition trois splendides salons, privatisables sur demande. Ces espaces, empreints de la même élégance que le restaurant, sont parfaits pour un repas d’affaires confidentiel ou une réception intime, offrant une discrétion et un raffinement absolus.

En somme, le chef Andrea Capasso poursuit avec talent le travail d’excellence initié par son prédécesseur, tout en affirmant progressivement et avec subtilité sa propre personnalité culinaire. Ce premier menu, des plus charmeurs et équilibrés, augure une belle continuation pour Le Clarence et devrait lui permettre de maintenir ses deux étoiles Michelin en mars 2026, projetant ce fleuron de la gastronomie parisienne vers un avenir radieux.

**Le Clarence**
31, avenue Franklin Roosevelt, Paris 8e
Ouvert du mardi au samedi, au déjeuner et au dîner
Site officiel de l’établissement

**Pour le dîner :**
Menu Le Clarence en 4 séquences : prix 280 euros
Menu Inspiration en 6 séquences : prix 430 euros

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