Par Mathieu Renard · samedi 02 janvier 2026
L’année 2026 s’annonce comme un millésime exceptionnel pour l’art contemporain, avec une programmation internationale promettant de ravir les esthètes. De Paris à Venise, en passant par Londres et Bruxelles, les institutions les plus prestigieuses déploient des trésors d’audace et de créativité. La Revue a minutieusement sélectionné les onze expositions phares qui marqueront durablement le calendrier culturel. Préparez-vous à des découvertes immersives, des rétrospectives profondes et des installations monumentales.
1. L’évènement Kawamata
La Maison Ruinart, acteur majeur de la scène artistique, poursuit son programme de cartes blanches en invitant Tadashi Kawamata. Trois installations pérennes de l’artiste japonais investiront le site rémois en juin, dont une tour observatoire et une cabane dans les arbres, invitant à une communion avec la nature. En avant-première parisienne, le Palais de Tokyo dévoile deux de ses œuvres éphémères, toujours conçues à partir de bois de récupération.
**Palais de Tokyo** – 13 avenue du Président Wilson, 75116 Paris. Du 13 février au 26 février.

2. Les vertiges de Julio Le Parc
La Tate Modern consacre une exposition immersive au travail visionnaire de Julio Le Parc. Le maître de l’art cinétique, pionnier de l’utilisation de la lumière, du mouvement et des surfaces réfléchissantes, invite le spectateur à une interaction ludique. Des installations interactives aux peintures optiques grand format, l’exposition couvre sa carrière des années 1950 aux années 2010. Elle révèle également un artiste engagé politiquement et un coloriste passionné.
**Tate Modern** – Bankside, Londres, Royaume-Uni. Du 11 juin au 3 mai.
3. Pont Neuf, de Christo à JR
JR, l’artiste français de renommée mondiale, rendra un hommage vibrant et spectaculaire à Christo et Jeanne-Claude. Son projet éphémère, « Caverne du Pont Neuf », s’inscrit dans la lignée du légendaire « Pont Neuf Wrapped » réalisé entre 1975 et 1985. Une transformation visuelle du monument parisien qui promet de marquer les esprits et de faire dialoguer les générations d’artistes.
**Pont Neuf** – 75001 Paris. Du 6 au 28 juin.
4. Beauté sans fards
Bozar, à Bruxelles, explore l’idéal de beauté à travers le prisme d’artistes vidéastes et photographes contemporains. L’exposition questionne les normes esthétiques académiques, en mettant en lumière des pionnières comme Cindy Sherman, Zanele Muholi, Valérie Belin et Sylvie Fleury. L’espace Bozar Arcade, dédié aux œuvres numériques interactives et aux jeux vidéo, enrichira cette réflexion sur la beauté au filtre contemporain.
**Bozar/Palais des Beaux-Arts** – rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles, Belgique. Du 7 mars au 16 août.
5. Les saisons de David Hockney
La Serpentine North Gallery de Londres présente les œuvres récentes de David Hockney, figure emblématique de l’art contemporain. L’exposition inclura ses célèbres peintures numériques et sa monumentale frise de 90 mètres, « A Year in Normandy ». Un voyage coloré et introspectif à travers les paysages normands, capturés par l’œil unique de l’artiste.
**Serpentine North Gallery** – W Carriage Dr, Londres, Royaume-Uni. Du 12 mars au 23 août.
6. Ruines modernes

Anne et Patrick Poirier, duo d’artistes fascinés par les ruines antiques, investissent le musée d’Arts de Nantes. Ils y déploient une installation spécifiquement conçue pour le patio et la chapelle de l’Oratoire, en dialogue avec leurs œuvres emblématiques. Leur exploration de la mémoire et de l’oubli promet une expérience poétique. Le couple réalisera également treize vitraux et un autel pour le futur musée des Sacres à Reims.
**Musée d’Arts de Nantes** – 10 rue Georges Clemenceau, 44000 Nantes. Du 22 mai au 30 août.
7. Cathy de Monchaux, inquiétante étrangeté
Le Palais de Tokyo accueille la première rétrospective de Cathy de Monchaux, figure majeure de la scène artistique britannique. Sous la curation d’Hugo Vitrani, une cinquantaine d’œuvres, des dessins techniques aux sculptures, explorent un univers séduisant et menaçant. Des armées de licornes, des squelettes de chevaux et des corps enracinés peuplent son œuvre, bousculant les repères et offrant une plongée dans l’étrange.
**Palais de Tokyo** – 13 avenue du Président Wilson, 75116 Paris. Du 3 avril au 13 septembre.
8. Les conditions humaines de Djamel Tatah
Les musées de Dijon, le musée des Beaux-Arts et le Musée national Magnin, s’associent pour présenter l’œuvre de Djamel Tatah. L’artiste franco-algérien explore depuis trente ans la condition humaine face à la violence du monde. Ses immenses toiles, peuplées de marcheurs, de gisants ou de penseurs, expriment les souffrances de la guerre, de l’exil et de la solitude. L’exposition confrontera son travail aux collections permanentes, invitant à une expérience immersive de l’hybridation et de la répétition dans son art.
**Musée des Beaux-Arts et Musée national Magnin** – Palais des ducs et des États de Bourgogne, place de la Sainte-Chapelle, 21000 Dijon et 4 rue des Bons Enfants, 21000 Dijon. Du 14 mai au 20 septembre.
9. Histoires sensibles de collections privées
La huitième édition de la Triennale « De leur temps », organisée par l’Adiaf, offre un panorama de la création contemporaine à travers les acquisitions récentes de collectionneurs privés. L’exposition, présentée au musée d’Art contemporain [mac] de Marseille, dialogue avec sa collection permanente. Elle mettra en valeur les artistes femmes et non-occidentaux, avec un focus sur le bassin méditerranéen et une approche décoloniale et écologique.
**Musée d’Art contemporain** – 69 avenue d’Haifa, 13008 Marseille. Du 4 avril au 20 septembre.
10. Jeux de piste
Le musée d’Art et d’Histoire de Genève (MAH) confie sa sixième carte blanche à l’artiste polymorphe John M Armleder. Proche du mouvement Fluxus, le plasticien genevois, né en 1948, abolit les hiérarchies entre les genres. Son dispositif, mêlant structures éphémères et jeux de superpositions, promet une déambulation libre et poétique. Des instruments de musique aux luminaires en passant par la peinture abstraite, l’œil sera constamment en éveil.
**Musée d’Art et d’Histoire de Genève (MAH)** – rue Charles-Galland 2, 1206 Genève, Suisse. Du 29 janvier au 25 octobre.
11. Une biennale en mode mineur
Malgré le décès de sa directrice artistique Koyo Kouoh en mai 2025, la Biennale de Venise maintient le projet qu’elle avait conçu. « In Minor Keys » explorera la dignité des êtres vivants à travers des « murmures » et des « fréquences plus basses », postulant des changements radicaux dans les tonalités mineures. Côté pavillons nationaux, la France sera représentée par Yto Barrada, l’Autriche par Florentina Holzinger, et le Liban par Nabil Nahas.
**61e exposition internationale d’art de la Biennale de Venise « In Minor Keys »** – Calle Giazzo, 30122 Venise, Italie. Du 9 mai au 22 novembre.